Antibiotiques : les Français toujours accros

Antibiotiques : les Français toujours accros
Antibiotiques : les Français toujours accros
Après plusieurs années de baisse, la consommation d'antibiotiques repart à la hausse en France. Une tendance d'autant plus inquiétante car elle contribue au développement des résistances bactériennes aux antibiotiques alors que la recherche sur de nouveaux médicaments est au point mort.
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« Les antibiotiques c’est pas automatique ». Malgré les campagnes de communication serinant ce slogan au fil des ans, le message semble avoir du mal à passer auprès des Français. Selon un récent rapport de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), ces traitements seraient encore trop prescrits et consommés en France. Pourtant, entre 2000 et 2012, cette consommation avait chuté de 9 %, avant d’augmenter de 3 % ces cinq dernières années. La progression enregistrée est d’autant plus préoccupante qu’elle ne peut être attribuée à une incidence plus forte des pathologies hivernales, selon l’ANSM, qui pointe du doigt l’usage « non justifié » d’antibiotiques pour des maladies virales comme la grippe par exemple.

Les femmes, premières consommatrices d'antibiotiques en France ?

La France, qui a cédé sa place de premier consommateur en Europe pour être aujourd’hui en quatrième position derrière la Grèce, le Luxembourg et la Belgique, affiche toutefois « un niveau de consommation nettement supérieur à la moyenne européenne », note l’agence sanitaire. Une consommation qui, à l’échelle nationale, présente des disparités importantes en fonction du sexe, de l’âge mais aussi du lieu de résidence. Selon le document de l’ANSM, réalisé à partir des déclarations de ventes de ces médicaments par les industriels et les données de l’Assurance maladie, « les femmes en consomment plus que les hommes ». Elles représenteraient 57,3% des patients recourant à ces médicaments, tandis que chez les hommes, la consommation d’antibiotiques augmenterait à partir de 55 ans, sans cesser de progresser ensuite ». Quant aux régions, le Nord, le Pays de la Loire et le Rhône-Alpes seraient les plus grosses consommatrices.

Autre enseignement de ce rapport, « le nombre de substances actives antibiotiques dont disposent les prescripteurs diminue ». En effet, entre 2000 et 2012, une trentaine de substances ont ainsi été retirées du marché, et seules neuf nouvelles ont été commercialisées. Aujourd’hui, 84 antibiotiques sont présents dans les pharmacies contre plus d’une centaine il y a 12 ans. Or, ce ralentissement de la recherche sur les nouveaux antibiotiques constaté par l’organisme sanitaire contribue au développement des résistances bactériennes.

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