Bérengère Poletti : une loi pour la contraception des mineurs

Bérengère Poletti : une loi pour la contraception des mineurs
Bérengère Poletti : une loi pour la contraception des mineurs
Le taux d’IVG augmente chez les adolescentes. Pour y remédier, la députée UMP Bérengère Poletti fera bientôt des propositions au gouvernement pour rendre la pilule contraceptive gratuite et anonyme pour les mineures. Elle a rencontré le Pr Israël Nisand et souhaite que l’on s’inspire de son travail au CHU de Strasbourg. Interview.
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Terrafemina : Le Pr Israël Nisand a récemment tiré la sonnette d’alarme sur l’augmentation des IVG chez les adolescentes. Pourquoi vous êtes-vous emparée de la question ?

Bérengère Poletti : En tant qu’ancienne sage-femme je suis ce sujet depuis plusieurs années. J’avais déjà rendu un rapport en 2008 pour faciliter l’accès à l’IVG et à la contraception chez les mineurs. Après avoir entendu le Pr Nisand dans les médias il y a quelques temps, j’ai demandé à Marie-Jo Zimmerman de me confier une nouvelle mission sur le sujet dans le cadre de la Délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale. J’ai rencontré le professeur Nisand en Alsace, et me suis dit qu’il fallait étendre son action au CHU de Strasbourg – service gynécologie-obstétrique, ndlr- au niveau national.

TF : Faut-il selon vous rendre la pilule gratuite pour les mineurs ?

B. P. : Oui, cela fait partie des trois propositions que je présenterai fin avril au gouvernement. Il n’est pas logique que l’IVG et la pilule du lendemain soient gratuits et anonymes, et pas la pilule. L’IVG intervient après l’accident, ce n’est pas bon pour ces jeunes filles. Actuellement, les mineurs n’ont accès à la pilule gratuitement que dans les centres de Planning familial. Tout médecin doit pouvoir prescrire un contraceptif à une adolescente sans que cela n’apparaisse sur le relevé de carte vitale de ses parents.

TF : N’avez-vous pas peur des réactions violentes de parents ?

B. P. : Je pense que cela peut en inquiéter certains. Mais dans les familles où le dialogue est instauré cela ne changera rien. Pour les adolescents qui n’arrivent pas à parler de sexualité avec leurs parents, cette mesure est essentielle. J’ai moi-même deux filles, et au début je me suis demandé comment je réagirais. Il ne s’agit pas d’inciter à la débauche, mais de protéger nos enfants.

TF : Faut-il aussi incriminer le manque d‘information des jeunes sur la sexualité, notamment à l’école ?

B. P. : Ma deuxième proposition concerne en effet la mission éducative de l’école. Inscrite dans la loi de 2001, cette éducation n’est pas faite. Ensuite je préconise de mieux former les prescripteurs de la contraception : en Alsace, le professeur Nisand a développé un réseau efficace de professionnels impliqués dans ces questions (info-ado.u-strasbg.fr), le passage dans les écoles fait partie intégrante de leur formation.

Bérengère Poletti est députée UMP de la 1ère circonscription des Ardennes.

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