Polanski et la masculinisation des femmes : le sexisme, nouvelle machine à buzz ?

Polanski et la masculinisation des femmes : le sexisme, nouvelle machine à buzz ?
Polanski et la masculinisation des femmes : le sexisme, nouvelle machine à buzz ?
Dans cette photo : Roman Polanski
Ce 66e Festival de Cannes se sera définitivement déroulé sous le signe d’un sexisme ancestral et omniprésent. Une seule femme en sélection officielle, sortie d’Ozon puis celle de Roman Polanski seront venus émailler la compétition de ces piques d’un machisme devenu ordinaire, et dont on en vient à se demander si elles ne seraient pas devenues un habile outil marketing pour faire parler de soi à moindre frais.
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« La pilule a masculinisé la femme. » Quant à l’égalité des sexes, elle chasserait le « romantisme de nos vies ».

« Je pense que cette tendance à vouloir mettre les hommes et les femmes à égalité est purement idiote. Je pense que c'est le résultat (...) des progrès de la médecine. La pilule a beaucoup changé les femmes de notre temps, en les masculinisant », a en effet affirmé Roman Polanski lors de la conférence de presse de « La Vénus à la fourrure », véritable « satire du sexisme » selon son réalisateur lui-même, renvoyant Ozon et son « toutes des putes » dans les filets de ce match incessant du plus gros révisionniste de la quinzaine. Chercherait-il à détrôner celui auquel les Femen avaient d'ores et déjà décerné la palme d'or du connard 2013 ?

Rappelons au passage que, bien souvent défendu par l’inteligentsia au nom de son talent indéniable, Roman Polanski avait été arrêté en Suisse sur la base d'un mandat international américain en 2009 puis assigné à résidence avant d'être libéré par les autorités suisses pour des faits remontant à 1977, l’accusant d’avoir eu des relations sexuelles avec une mineure, et n'est donc peut-être pas le mieux placé pour faire joujou avec ce nouvel outil médiatique inquiétant que semble être devenue la bonne petite phrase sexiste qui tâche.

La pilule aurait-elle « masculinisé » les femmes, elle qui leur permit de décider, enfin, de quand, comment et combien elles auraient d’enfants, de faire cesser ces avortements glauques pratiqués par des faiseuses d’ange à la lueur d’une bougie et au péril de la vie des femmes, de donner au plaisir féminin une importance dont peu se souciaient alors, reléguant bien souvent la femme à son seul rôle de génitrice soumise au bon plaisir de la nature ? Est-ce ça, être masculinisé, avoir la liberté de disposer de son corps ? Quant à ce romantisme prétendument chassé par l’égalité des sexes, nous ne partiront pas ici dans un débat stérile face à cet argument réactionnaire d’un autre temps manifestement proféré par un octogénaire jamais vraiment remis du fait que les femmes aient obtenu le droit de vote et celui de s'adresser à leur époux sans baisser les yeux.

A moins que… Car ne soyons pas trop aveuglément virulentes face à tant de provocation affichée par un homme dont beaucoup disent que c’est un génie et qui, a priori, n’est pas le dernier des beaufs auquel on aurait tendu un micro. Et si en fait la véritable raison de ces « petites phrases » fielleusement lâchées aux journalistes n’avaient d’autres buts que de donner à « La Vénus à la fourrure » la visibilité médiatique que « Jeune et jolie » connut « grâce à » François Ozon qui affirma que les femmes rêvaient toutes de se prostituer, soulevant un ras de marée de réactions choquées comme autant de publicités gratuites acquises à peu de frais ?

En bref, et si le sexisme crasse était devenu le meilleur ami marketing de l’homme avide d’une notoriété facilement acquise ?

Ce ne serait, certes, pas vraiment plus rassurant…