Egypte : les femmes s’interrogent sur leur avenir

Egypte : les femmes s’interrogent sur leur avenir
Egypte : les femmes s’interrogent sur leur avenir
La révolution égyptienne qui a abouti à la destitution d’Hosni Moubarak en février 2011 n'a pas encore mené à une réelle amélioration de la condition des femmes. Toujours sous-représentées en politique, elles continuent d’être harcelées et déconsidérées.
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Beaucoup de femmes égyptiennes occupaient la place Tahrir fin 2010 pour réclamer le départ du président Hosni Moubarak, qui démissionnera quelques mois plus tard. De leur participation à la révolution, elles attendaient d’avoir l’occasion de jouer un rôle politique et d’améliorer leurs conditions et leur visibilité.

Une situation préoccupante
Aujourd’hui, elles ont de nombreuses raisons de s’inquiéter. Alors qu’on pouvait penser que leur participation aux révoltes aurait pour effet de légitimer leur présence dans l’espace public, elles continuent à être harcelées, violées, et cela même lors de manifestations qu’elles organisent pour dénoncer le sexisme qu’elles subissent. Au niveau politique, leur représentation est quasi nulle. Au sein du parlement dissout par l’armée en juin dernier, on comptait huit femmes députées pour 500 sièges. Enfin, la victoire du parti des Frères musulmans à l'élection présidentielle de juin leur fait craindre l’adoption de dispositions rétrogrades quant à leurs droits.

Le féminisme égyptien peu relayé par les médias
Certaines estiment que les médias ne sont pas pour rien dans le manque de visibilité des féministes et de leurs combats. Ainsi, il a été reproché aux médias occidentaux de faire bien peu de cas de l’histoire du féminisme égyptien et de s’émerveiller de la présence des femmes aux côtés des hommes dans les manifestations comme si le mouvement féministe était né avec la révolution. D’autres accusent la presse de n’avoir cherché qu’à servir des images stéréotypées de la présence des femmes lors des révoltes.

« Nous devons rêver »
Bothaïna Kamel, une militante de longue date pour les droits des femmes, était la seule femme à aspirer à la présidence. Elle savait, dès lors qu’elle avait commencé à recueillir les signatures nécessaires à sa candidature, que sa campagne était vaine. Elle n’est d’ailleurs pas parvenue à rassembler le nombre de signatures requis pour se présenter. La victoire dans la course à la présidentielle n’était donc pas son but. Elle cherchait à donner une résonance aux combats et aux espoirs des femmes égyptiennes. Pour elle, les problématiques qui touchent les femmes sont inextricablement liées au destin politique de l’Egypte et leur résolution sera une condition indispensable à la stabilité du climat social.

Viviane Clermont

Source : Jolpress.com
Crédit photo : iStockphoto

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