Angela Merkel : 3 choses à savoir sur la "femme la plus puissante du monde"

Angela Merkel : 3 choses à savoir sur la "femme la plus puissante du monde"
Angela Merkel : 3 choses à savoir sur la "femme la plus puissante du monde"
Dans cette photo : Christine Lagarde
Pour la 3e année consécutive, la chancelière allemande Angela Merkel est désignée comme femme la plus puissante du monde par le magazine Forbes. Elle se classe devant la présidente brésilienne Dilma Rousseff et la philanthrope et femme d'affaires américaine Melinda Gates. L'occasion de revenir sur le parcours de cette « madame austérité » à l'ascension politique fulgurante.
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« C'est la colonne vertébrale de l'Union européenne et elle porte le destin de l'euro sur ses épaules » : c’est ainsi que le magazine Forbes décrit Angela Merkel, qui pour la 3e année consécutive prend la tête du classement des femmes les plus puissantes du monde. C’est la huitième fois en dix ans que la chancelière allemande hérite de cette distinction : l’occasion de revenir sur trois choses à savoir sur la femme la plus puissante du monde.

Elle est entrée en politique sur le tard

Angela Kasner passe sa jeunesse en Allemagne de l’Est, où elle entreprend des études de physique à l’université de Leipzig, avant d’épouser le physicien Ulrich Merkel dont elle gardera le nom malgré leur divorce en 1982. C’est d’ailleurs à Berlin-Est, à l’Académie des Sciences de la RDA, qu’elle rencontrera le chimiste Joachim Sauer, son second mari. C’est suite à la chute du mur du Berlin en 1989 qu’elle rejoint l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et entame une ascension politique fulgurante à 36 ans, après une carrière de physicienne. Prise sous l’aile du chancelier Helmut Kohl, qui l’appelait « la gamine », elle devient d’abord ministre des Femmes et de la Jeunesse, puis ministre de l’Environnement et enfin secrétaire générale de la CDU, un vrai tremplin pour la chancellerie. Femme, protestante, divorcée : elle réussit pourtant à s'imposer à la tête d'un parti de tradition catholique et dominé par les hommes. « Quand j’étais ministre, j’ai eu l’impression d’être à moi seule deux minorités : femme et ancienne citoyenne de l’ex-RDA », confiait-elle d’ailleurs en 2005. Elle devient la première femme chancelière en Allemagne en 2005.

Une chancelière secrète

Tenue sobre, « discours concis », « esprit analytique » : la fille de pasteur est connue pour incarner l’austérité et beaucoup critiquent sa rigidité. « C'est un être très fermé qui a appris sous le régime de RDA à ne jamais exprimer ce qu'elle pense », analyse son premier biographe, le politologue Gerd Langguth, qui l’assure : « Angela Merkel est un sphinx ». Sympathisant de son parti, la CDU, il l'a côtoyée pendant son ascension politique. « Très peu de gens la connaissent vraiment. Elle dit rarement ce qu'elle pense ». Un membre de son premier gouvernement approuve : « Elle est drôle, pleine d'humour, imite à la perfection ses homologues européens, mais reste secrète. Elle a passé ses trois premières décennies derrière le rideau de fer. Cela laisse des traces! ».

Éloge de la lenteur

Cela exaspère ses détracteurs : l’indécision d’Angela Merkel, qui réfléchit beaucoup. « Je ne passe pas pour quelqu’un qui prend des décisions rapidement », reconnaît-elle. Margaret Heckel, une de ses biographes les plus pointues citée dans le Spiegel raconte ainsi une séance de piscine de la future chancelière, encore enfant, illustrant cette lenteur dans les prises de décisions : « Elle a longuement hésité à sauter dans l'eau. Elle a fini par plonger, une fois le cours terminé ». En politique intérieure, elle évite ainsi les positions tranchées, d’autant plus depuis qu’elle est contrainte de cohabiter avec le SPD. Et en politique extérieure son extrême prudence, notamment lors de la gestion de l’aide économique à la Grèce, a fait grincer des dents. Un ancien du cabinet de Christine Lagarde, alors ministre de l'Économie, cité par Challenges à ce sujet, résume : « Elle a mégoté sur la taille du camion des pompiers, quand il aurait fallu actionner les lances d'incendie. On a perdu beaucoup de temps, et le problème grec a pris des proportions insensées ». Une prudence qui semble cependant appréciée par les Allemands, qui sont encore près de 60% à lui accorder leur confiance.

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