Printemps arabe : la révolution qui a miné la condition des femmes

Printemps arabe : la révolution qui a miné la condition des femmes
Printemps arabe : la révolution qui a miné la condition des femmes
Le printemps arabe n’a pas rendu service aux femmes loin de là. Un constat partagé parallèlement par le Forum International des femmes méditerranéennes, et l’ex-ministre Jeannette Bougrab. Face à cette révolution confisquée, l’avocate regrette l’indifférence des gouvernements occidentaux.
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Plus de deux ans après les premiers soulèvements en Tunisie, en décembre 2010, le bilan du printemps arabe est loin d’être favorable aux femmes. Selon l’ancienne ministre Jeannette Bougrab, interviewée par les Oubliés de l’Actu, les changements de gouvernement intervenus notamment en Tunisie et en Egypte ont « contribué à dégrader la situation de la femme ». L’ex-présidente de la Halde (Haute Autorité de Lutte contre les discriminations) rappelle ainsi qu’elle n’a jamais cru à un islamisme modéré au moment des élections égyptiennes, qui ont porté une majorité d’islamistes à l’Assemblée constituante : « Quand on voit la situation des Égyptiennes, aucune amélioration ne peut être constatée », déclare-t-elle. Le gouvernement égyptien prévoirait en effet d’abaisser l’âge légal du mariage à 9 ans, de réhabiliter l’excision et d’autoriser la polygamie. 
Et l’ex-ministre de la Jeunesse redevenue avocate ne mâche pas ses mots pour dénoncer la paralysie de l’occident face à cette confiscation de la révolution par les partis des Frères musulmans et Ennahda. « En Tunisie, une femme a récemment été violée par trois policiers. Ces derniers ont été condamnés et elle aussi », raconte-t-elle.

Les femmes flouées

Même désillusion patente dans le bilan dressé par le 6e Forum International des femmes méditerranéennes* qui s’est tenu du 21 au 23 juin à Fès au Maroc. Sur le thème « Droits des femmes après les révolutions arabes », les 18 pays représentés (Algérie, Tunisie, Lybie, Mauritanie, Egypte, Liban, Yémen, Palestine, Jordanie, Turquie, Iran, France, Belgique, Italie, Pays Bas, Canada, Etats-Unis, Maroc) ont d’une part reconnu l’existence d’un mouvement féministe en Méditerranée de plus en plus visible, et d’autre part que ces femmes qui avaient massivement participé aux révolutions se retrouvaient aujourd’hui flouées : en Tunisie comme en Egypte, les assemblée élues sont très largement masculines et les projets de constitution menacent leurs libertés. 

*Le Forum International des femmes méditerranéennes est organisé par le Centre marocain Isis pour les femmes et le développement et par la Fondation Konrad Adenauer qui soutient des programmes en faveur de la coopération internationale.

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