Européennes 2014 : 5 femmes à suivre dimanche

Européennes 2014 : 5 femmes à suivre dimanche
Européennes 2014 : 5 femmes à suivre dimanche
Quelque 193 listes seront à départager, dans les huit circonscriptions françaises, à l'occasion des élections européennes. C'est 20% de plus qu'en 2009. Pour débroussailler le terrain, Terrafemina vous propose de découvrir cinq femmes, débutantes ou confirmées, en course pour devenir eurodéputée dimanche 25 mai.
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3 754 candidats, répartis dans 193 listes seront en compétition, dimanche 25 mai, pour les élections européennes. Avec 24 listes, en moyenne, par grande circonscription, les électeurs auront l'embarras du choix. Les Français sont appelés à désigner leurs 74 futurs représentant(e)s au Parlement européen de Strasbourg. Parmi eux figureront peut-être les cinq femmes que Terrafemina a choisi de vous présenter.


PERVENCHE BERÈS, 57 ans
Tête de liste du Parti socialiste en Ile-de-France


ON SE CONNAÎT ?
: Pervenche Berès, c'est un peu comme ces acteurs à la filmographie honorable mais que personne ne remet. Et pourtant, à 57 ans la tête de liste du Parti socialiste en Ile-de-France est loin de débuter sur la scène politique européenne. Eurodéputée depuis juin 1994, elle préside la Commission de l'emploi et des affaires sociales du Parlement depuis juin 2009. Elle est également rapporteur de la Commission spéciale crise mise en place au début de la précédente mandature. Entre 2009 et 2014, Pervenche Berès a déposé 28 avis, 11 rapports et 197 amendements. Ce qui la place, selon les données de VoteWatch parmi les 30 eurodéputés les plus assidus en termes de travail parlementaire.

Deuxième derrière Harlem Désir sur la liste socialiste d'Ile-de-France en 2009, Pervenche Berès tentera de faire mieux que les modestes 13,58% récoltés par l'actuel secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes.

SON COMBAT :
La garantie pour la jeunesse, qui doit permettre aux moins de 25 ans de trouver en moins de quatre mois un stage, un emploi ou une formation, ou encore ses propositions en faveur d’un salaire minimum européen.

LA PHRASE :
« Quand j’ouvre la bouche, ce n’est pas pour dire des conneries ! » (cf. le programme).

TWITTER : @PervencheBeres



KARIMA DELLI, 35 ans
Tête de liste Europe Ecologie - Les Verts dans le Nord-Ouest

ON SE CONNAÎT ? : Elle est l'une des benjamines de ces élections européennes. A 35 ans, Karima Delli brigue un second mandat d'eurodéputée. Quatrième de la liste conduite par Daniel Cohn-Bendit en Ile-de-France en 2009, la native de Tourcoing, avait profité des 20,86% récoltés par « Dany le Rouge » pour se faire une place à Strasbourg. « Je ne savais pas trop quoi faire, mais j’avais envie de m’impliquer concrètement dans la campagne », confiait en 2011 à Rue89 celle qui est aujourd'hui tête de liste d'Europe Ecologie-Les Verts dans le Nord-Ouest.

Cette militante associative, membre des collectifs
Jeudi noir et Sauvons les riches, est tombée dans la politique lors de la présidentielle 2002. « J'avais 22 ans. J'ai été marquée par la campagne et le message de Noël Mamère (…) une écologie populaire, qui vient d'en bas, dont tout le monde peut bénéficier, surtout les plus pauvres », indique-t-elle. Issue d'une famille d'origine algérienne de 13 enfants, la co-porte-parole nationale de la campagne d'EELV entend bien défier Marine Le Pen, tête de liste du Front national dans la circonscription. « Marine Le Pen a toujours été devant des pros de la politique ; moi, elle ne sait pas comment me prendre », assure-t-elle au Parisien, avant d'évoquer son premier débat contre l'ex-candidate à la présidentielle : « Je lui ai dit que j'étais contente de la voir, car je ne la voyais jamais au Parlement ».

SON COMBAT :
Membre de la Commission du Parlement européen dédiée au développement durable, elle entend « participer à la création d'une communauté européenne des énergies renouvelables ».

LA PHRASE
: « En 2009, je n'y croyais tellement pas que je n'avais même pas dit à mes parents que j'étais candidate » (cf. le programme).

TWITTER : @KarimaDelli



RAQUEL GARRIDO, 39 ans
2e sur la liste du Front de gauche en Ile-de-France


ON SE CONNAÎT ? :
Déjà candidate pour le Front de gauche aux élections européennes de 2009 en Ile-de-France (2e position sur la liste et 6,32% des suffrages), Raquel Garrido remet le couvert en 2014. La porte-parole internationale internationale du Parti de gauche sera de nouveau 2e sur la liste francilienne, derrière le communiste Patrick Le Hyaric.

Née au Chili, sa famille s'est exilée au Canada après le coup d'Etat de Pinochet. Arrivée en France à 14 ans, elle devient vice-présidente de SOS-Racisme à 22 ans. A 39 ans, la conjointe d'Alexis Corbière est également l'une des plus ferventes porte-voix de Jean-Luc Mélenchon, tant sur la scène médiatique que devant les tribunaux. En effet, cette avocate au Barreau de Paris est chargée de la défense du coprésident du Front de gauche, adepte du parler « cru et dru ».

La secrétaire nationale du PG chargée du combat pour la Constituante et la VIe République entend dans son programme « rompre et refonder l'Europe ». Surfant sur la vague de l'opposition systématique du Front de Gauche aux traités européens depuis le référendum sur la Constitution européenne en 2005, Raquel Garrido veut s'affranchir du « traité de Lisbonne et du récent Traité sur la stabilité la coopération et la gouvernance (TSCG) qui organisent le dumping social et fiscal, imposent des politiques d’austérité permanente ». Et d'en appeler à une « révolution citoyenne en Europe ».

SON COMBAT : Faire des élections européennes un référendum contre l'accord sur le traité de libre-échange transatlantique (TAFTA ou GMT). « Un projet au services des firmes transnationales (…) inacceptable » tant sur le fond que la méthode, selon le Front de Gauche.

LA PHRASE : « Rompre, désobéir et assumer l'affrontement pour ouvrir des brèches » (cf. le programme).

TWITTER : @RaquelGarridoPG



CAROLINE DE HAAS, 34 ans
Tête de liste en Ile-de- France des Féministes pour une Europe solidaire

ON SE CONNAÎT ? : L'année 2014 pour Caroline de Haas est celle de la rupture. Après treize années de militantisme au Parti socialiste, l'ex-conseillère de Najat Vallaud-Belkacem au ministère des Droits des femmes a fait des adieux fracassants au parti de la rue de Solférino, désabusée par la réponse donnée après la déroute des élections municipales.


Un PS incapable à ses yeux de « transformer le réel » et qui a « fait reculer la gauche dans les têtes », comme elle le déclarait récemment sur Terrafemina. L'ancienne porte-parole d'Osez le féminisme a donc choisi de s'engager dans la course aux élections européennes en lançant des listes estampillées « Féministes pour une Europe solidaire ». La tête de liste en Ile-de-France entend fédérer militants politiques, associatifs et syndicaux pour « une Europe qui met au coeur de son projet politique l'égalité entre les femmes et les hommes ».

Cette ancienne proche de Benoît Hamon revendique un féminisme de gauche. « Nous ne nous présentons pas comme apolitiques : la visée de transformation de la société que porte le féminisme est profondément politique », expliquait-elle récemment à Libération.

SON COMBAT : « Défendre le droit à l'avortement en inscrivant, dans la charte des droits fondamentaux, le droit de disposer de son corps ».

LA PHRASE : « La politique ne doit pas être l'apanage des hommes blancs, techno, qui gagnent 4 000 euros par mois » (cf. le programme).

TWITTER : @carolinedehaas


ISABELLE BORDRY, 44 ans
Tête de liste "Nous Citoyens" en Île-de-France


ON SE CONNAÎT ? :
Tout le monde ou presque connaît la célèbre anaphore de François Hollande, « Moi, président ». Le "Nous citoyens" d'Isabelle Bordry l'est moins. Cette chef d'entreprise, mère de deux enfants, sera l'une des 31 têtes de liste en Ile-de-France, dimanche 25 mai. Le mouvement, déjà présent lors des élections municipales de mars, respecte l'une de ses règles fondatrices : présenter des candidats issus de la société civile. A 44 ans, Isabelle Bordry a, jusqu'à présent, davantage porté l'innovation dans le monde du numérique que sur le terrain politique. En effet, après neuf années passées à Yahoo où elle a exercé les fonctions de directrice des opérations en Europe, la chef d'entreprise s'est lancée dans le e-commerce en 2007.

« Nous sommes avant tout pour un renouvellement des politiques qui, aujourd'hui, n'arrivent pas à rénover la France et à faire en sorte que nous restions moteur dans la construction européenne », explique la co-fondatrice de "Nous Citoyens". Une candidate qui a choisi de s'investir dans les européennes pour « lutter contre les partis populistes qui prônent le repli sur soi ». L'entrepreneur plaide en faveur de l'élection d'un président de l'Union et d'une harmonisation de la fiscalité des entreprises dans l'UE pour « le développement et le rayonnement économique de la France et le retour à la prospérité ». Isabelle Bordry sera secondée par Bernard Chevenez, un ancien haut fonctionnaire, aujourd'hui secrétaire général des Semaines sociales de France.


SON COMBAT :
L'élection d'un président européen cumulant les fonctions de président du Conseil et de la Commission européenne. Elu dans un premier temps par le Parlement européen.

LA PHRASE : « Une sortie immédiate de l'euro reviendrait à la perte immédiate d'un million d'emplois et à l'appauvrissement de la France » (cf. programme).

TWITTER : @ibordry