Y a-t-il trop de centres d'appels pour les femmes victimes de violences ?

Y a-t-il trop de centres d'appels pour les femmes victimes de violences ?
Y a-t-il trop de centres d'appels pour les femmes victimes de violences ?
Alors que de nombreuses plateformes téléphoniques sont dédiées aux femmes victimes de violences, des députés s'interrogent sur le bien-fondé de la multiplication de ces dispositifs, qui pourrait créer la confusion.
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Il y a le 39 19, le numéro de téléphone dédié aux femmes victimes de violences. Mais il y a aussi un numéro pour les femmes victimes de violences au travail, et un autre pour les femmes victimes de viol, le numéro de SOS femme battue… Face à la multiplicité de ces plateformes téléphoniques pour les femmes en danger, le député socialiste Christophe Sirugue, rapporteur de la partie du budget consacrée à l’égalité entre les femmes et les hommes, s’interroge : ne crée-t-on pas la confusion ?

En marge de la discussion du budget 2013, lors d'un débat sur l'égalité homme-femmes organisé à l'Assemblée nationale, il a ainsi posé la question : « Si, bien sûr, il n’est pas question pour moi de remettre en cause le travail des associations qui pilotent ces plateformes – j’ai même plutôt envie de le saluer, je m’interroge tout de même sur la lisibilité de ces dispositifs pour les femmes victimes ». Le député faisait déjà part de ses doutes dès le 23 octobre, lors de l'audition de Najat Vallaud-Belkacem par la Délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale. « Outre leur coût, je ne suis pas certain que ces numéros soient connus de toutes les femmes », soulignait-il alors.

Najat Vallaud-Belkacem engage une réflexion

Autant de points d’interrogations qui sont soulevés, alors que l’Institut national d’aide aux victimes et de médiation (Inavem) annonce la mise en place d'un centre d’appels dédié au harcèlement. Catherine Coutelle, députée et présidente de la Délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes, a également exprimé son doute sur « le bien-fondé » de tous ces numéros et la création d’un nouveau dispositif.

Elle a d’ailleurs interrogé la ministre de la Justice Christiane Taubira sur ce dernier point, spécifiant qu’elle n’était pas « favorable à la pratique de la médiation pour les cas de harcèlement ». Une question prise en charge par la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem, qui a assuré que ses services avaient déjà « engagé une réflexion sur le nombre de centres d’appels ».

Les numéros dédiés aux femmes victimes de violences sont aujourd'hui :
SOS Femme battue : 03 22 52 09 52
SOS Viol, du Collectif féministe contre le viol : 08 00 05 95 95
Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT) : 01 45 84 24 24
Victimes de l'Inavem : 08 84 28 46 37

Crédit photo : iStockphoto

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