Crise de la dette : le triple A de la France et de l'Allemagne menacés

L'agence d'évaluation financière Standard & Poor's a placé sous surveillance négative les notes des quinze pays de la zone euro. La note française pourrait baisser de deux crans et passer à AA.
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Quelques heures après l'annonce d'un accord franco-allemand pour résoudre la crise de la dette, les six pays de la zone euro dotés d’un triple A pourraient bien être rapidement privés de cette précieuse notation. L’agence d’évaluation financière Standard & Poor’s les a en effet menacés lundi de les priver de leur AAA et les a placés sous « surveillance négative ». Sont concernés quinze pays de la zone euro, dont l’Allemagne, l’Autriche, la Finlande, la France, le Luxembourg et les Pays Bas. Quant à la note de l’Hexagone, elle est menacée d’un abaissement de deux crans : elle passerait ainsi à AA, alors que pour les cinq autres pays classés AAA seul un abaissement d’un cran (à AA+) serait prévu dans le pire des cas.

L'agence a justifié son annonce par sa « conviction selon laquelle les tensions systémiques dans la zone euro ont augmenté ces dernières semaines jusqu'au point de faire pression à la baisse sur le degré de solvabilité de la zone euro dans son ensemble ».
Suite à la menace de Standard & Poor’s la France et l’Allemagne ont confirmé d’une même voix être « pleinement solidaires » et ont réaffirmé leur « volonté de prendre toutes les décisions nécessaires, en lien avec leurs partenaires et les institutions européennes, pour assurer la stabilité de la zone euro ». Pour l’agence de notation, les problèmes de la zone euro sont dus à de multiples facteurs indépendants parmi lesquels une hausse des taux d’emprunt pour un nombre croissant de pays. Toujours selon l’agence S&P, « la poursuite des désaccords entre les dirigeants européens » sur les solutions à apporter à la crise de la dette joue aussi un rôle, de même que « le risque croissant de récession pour l'ensemble de la zone euro », qu'elle évalue à 40% pour 2012.

Le 27 novembre, l'agence américaine Moody's avait averti que l'aggravation rapide de la crise de la dette dans la zone euro menaçait les notes de solvabilité de tous les Etats européens, même ceux notés "AAA". Elle n'avait cependant pas été jusqu'à placer celles-ci sous surveillance négative.

Le passage en revue de l’agence devrait s’achever dans quelques jours, alors qu’une réunion des dirigeants de l’Union européenne est prévue pour les 8 et 9 décembre à Bruxelles. Ce prochain sommet européen a pour objectif d’accoucher d’un plan de sauvetage de la zone euro qui soit crédible aux yeux du monde entier. Reste que selon les observateurs, la probabilité que le sommet donne de bons résultats augmente avec la pression imposée aux dirigeants.

Le ministre de l'Economie, François Baroin, a assuré dans un communiqué que la décision de Standard and Poor's ne tenait pas compte de la « puissante » initiative franco-allemande que représente l’accord annoncé lundi dans l’après-midi par les deux poids lourds européens.
Selon Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, le projet franco-allemand de « nouveau traité » européen et leurs propositions « permettront de renforcer la gouvernance de la zone euro afin de rétablir la stabilité, la compétitivité et la croissance ».
Ce projet d'accord doit être présenté aux 27 pays de l'UE lors du prochain sommet qui aura lieu à Bruxelles. Toutefois, le couple franco-allemand n’a pas exclu de le présenter à la seule signature des 17 membres de la zone euro, en cas de position réfractaire des autres membres.

Crédit photo : AFP

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