Congé parental : 100 000 pères concernés en 2017, espère Vallaud-Belkacem

Congé parental : 100 000 pères concernés en 2017, espère Vallaud-Belkacem
Congé parental : 100 000 pères concernés en 2017, espère Vallaud-Belkacem
Alors que le projet de loi pour l'égalité entre les hommes et les femmes sera présenté en conseil des ministres le 3 juillet, la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem a d'ores et déjà dévoilé son projet de réforme du congé parental d'éducation. Son objectif ? Que 100 000 pères y aient recours d'ici 2017.
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Le congé parental d'éducation n'est pas qu'une affaire de femmes. C'est ce que souhaite rappeler la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem à travers la réforme du congé de « Libre Choix d'Activité » qu'elle présentera mercredi 3 juillet en conseil des ministres.

Car aujourd'hui, le congé parental séduit peu les jeunes papas et reste très largement l'apanage de leur compagne : « 97% des congés parentaux sont aujourd'hui pris par des femmes », soit 522 000 mères, a rappelé Najat Vallaud-Belkacem lors d'une rencontre avec l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis).

Une tendance que la ministre des Droits des femmes cherche à inverser, au nom de l'égalité entre les hommes et les femmes. Actuellement, seuls 18 000 pères posent un congé parental après la naissance d'un enfant. Un chiffre bien trop bas, selon la ministre, dont la réforme vise à inciter les pères à recourire davantage au congé parental : « Le projet de réforme du congé parental pourrait porter le nombre des hommes y ayant recours à 100 000 d'ici 2017 […] C'est un projet assez ambitieux », a admis Najat Vallaud-Belkacem.

Un partage du congé parental

L'objectif de cette réforme ? Instaurer une période de partage du congé parental d'éducation. Ainsi, les parents d'un seul enfant, qui ont actuellement droit à six mois de congé, pourront bénéficier de six mois supplémentaires à condition que ce soit le second parent qui en bénéficie. A partir de deux enfants, la durée du congé sera maintenue à 3 ans, à condition que le second parent arrête de travailler pendant six mois. Si cette condition n'est pas remplie, le congé parental sera raccourci à deux ans et demi.

Pourtant, faire accepter cette réforme, directement inspirée du modèle allemand, aux pères de famille ne va pas être chose facile. Une étude de l'Insee publiée mardi 25 juin montre en effet que 46% des hommes interrogés n'ont pas envie de prendre de congé parental. Les raisons invoquées par ces messieurs ? Un tiers se dit inquiet pour sa carrière, 9% craignent que leurs relations avec leur employeur se dégrade, 6% redoutent que leur promotion hiérarchique ne soit freinée.

Une réforme pour plus de parité

Cette réforme serait pourtant, selon la ministre, un grand pas vers l'égalité entre les hommes et les femmes, car celles-ci sont bien trop souvent tenues à distance du marché du travail une fois qu'elles sont devenues mères de famille : « En moyenne, une année d'interruption d'activité pour une femme équivaut à 10% de décrochage de salaire » par rapport aux hommes. Un écart de salaire qui ne se rattrape jamais.
Najat Vallaud-Belkacem se veut toutefois optimiste en se référant à l'exemple allemand, qui a mis en place en 2007 une réforme similaire : « Ils [les Allemands, ndlr] avaient 3 ou 4% seulement d'hommes qui prenaient le congé parental. Trois ans plus tard, ils étaient à 20% », s'est-elle enthousiasmée.

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