#BalanceTonMetro, la campagne pour dénoncer les porcs des transports en commun

Le collectif féministe Nous Toutes a lancé #BalanceTonMetro, un hashtag pour recueillir les témoignages de harcèlement et d'agressions sexuelles dans les transports, pour que la RATP mettent enfin des mesures concrètes en place.
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100 % des femmes ont déjà été harcelées dans les transports, d'après le HCE. Un chiffre effrayant qui en dit long sur le comportement de certains hommes et le quotidien de toutes les femmes. Et pourtant, la RATP peine à réagir, malgré les témoignages incessants que les victimes rapportent.

Chaque jour, on peut voir une femme raconter son histoire sur Twitter et interpeller la société publique sur le manque de formation, d'empathie, de réaction concrète de ses agent·es. Chaque jour, cette même victime déplore la réponse de la RATP qui la renvoie vers des plateformes non efficaces, preuve qu'il n'y aucun procédé mis en place qui fonctionne correctement - ou qui soit à la hauteur du fléau.

C'est ce qu'a vécu Anaïs Leleux dimanche 21 avril. Sauf que la militante membre des collectif féministes Nous Toutes et Les Effronté-es a décidé de ne pas en rester là.

"Dimanche après-midi, j'ai été victime d'un homme qui m'a harcelée et agressée sexuellement dans le métro. Je me suis dit que c'était la fois de trop", nous confie Anaïs Leleux. "J'en ai parlé aux copines et en quelques heures nous avions une idée, une chanson d'écrite, une série d'affiches..."

Avec plusieurs activistes, elle lance donc #BalanceTonMétro, une action qui vise directement la RATP. Ce mercredi 24 avril au matin, elles se rendent devant le siège de l'entreprise avec pancartes et guitares pour chanter une reprise du titre Balance ton quoi d'Angèle, réécrit pour dénoncer le harcèlement dans les transports. "J'aime bien votre chanson. Et vous avez raison", rétorquera un employé.

Une manifestation suivie par la publication d'affiches qui détournent les noms des stations de métro pour dénoncer le harcèlement, et de la mise en place du hashtag #BalanceTonMétro, sous lequel les victimes peuvent témoigner des agressions qui leur sont arrivées dans le passé (souvent lorsqu'elles n'étaient même pas encore majeures). "Marre d'être harcelées, agressées sur les lignes de la RATP ? Racontez-nous pourquoi vous vous sentez en insécurité dans le métro de Paris", tweete Anaïs Leleux.

Rapidement, le succès est malheureusement au rendez-vous, et les femmes racontent en masse ces événements traumatisants qui se sont déroulés en public, sans que personne ou presque n'intervienne.

Face à ces actions coup de poing, Anaïs déclare avoir reçu "un vrai soutien de la part des chauffeurs, qui nous ont témoigné ce à quoi ils assistent, impuissants, tous les jours. De la sympathie de la part des agents de sécurité aussi."

"En revanche, la réaction de la responsable communication de la RATP nous a passablement déçues", ajoute-t-elle. "Pour elle, la RATP 'fait ce qu'il faut'. Or la RATP a l'obligation de garantir la sécurité de ses usagères. Une obligation de résultat, il y a toute une jurisprudence sur ce point."

Désormais, les militantes attendent des mesures concrètes. "Nous leur demandons que les agents soient formés à accueillir la parole des victimes", poursuit Anaïs Leleux. "Qu'ils ne nous culpabilisent plus quand on leur témoigne de ce qu'on vit en nous reprochant notre tenue, ou en nous disant que si nous ne portons pas plainte le type recommencera."

"Nous attendons d'eux une vraie campagne de sensibilisation, qui mette en avant des hommes, ordinaires, et non plus des animaux. Nous voulons également une ligne téléphonique dédiée avec au bout, des écoutants formés", conclut l'activiste. Des requêtes essentielles qui paraissent évidentes devant la gravité de la situation et qui, on l'espère, seront immédiatement mises en place.