La saison 10 de "Skam" brise le tabou du viol conjugal (et on applaudit)

"Skam" aborde le viol conjugal dans sa dernière saison
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La 10e saison de "Skam" s'ouvre avec une scène difficilement supportable, et pourtant courante en France : un viol conjugal. Crime et répercussions que la série traite avec une grande justesse.
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"La scène que vous allez voir représente un viol. Cela arrive toutes les 7 minutes en France". La phrase d'introduction du premier épisode de la saison 10 de Skam France/Belgique est glaçante, et la scène qui s'en suit aussi. On y voit Anaïs (Zoé Garcia), rentrer de soirée éméchée avec son petit ami.

Alors qu'ils arrivent dans sa chambre, la jeune femme lui explique qu'elle n'est pas bien. Il l'allonge sur le lit, la déshabille et entame un rapport sexuel. La jeune femme lui dit explicitement "Non, arrête, j'ai pas envie". Il répond : "Allez, on va pas se voir pendant une semaine" et la pénètre jusqu'à jouir.

Anaïs reste immobile, sidérée. Une larme coule sur sa joue. Elle vient de subir un viol conjugal, un sujet tabou et très peu porté à l'écran, que la série aborde avec justesse. De quoi incarner un clap de fin aussi puissant que bien mené.

Un scénario écrit en collaboration avec des militantes

Au-delà de cette scène d'ouverture, c'est le consentement et l'éveil féministe que dépeint ce chapitre attendu, avec notamment une séquence qui filme des colleuses en pleine action, ou la difficulté du dépôt de plainte et du parcours judiciaire. Afin d'écrire ces situations le plus fidèlement et sensiblement possible, la réalisatrice Shirley Monsarrat et la scénariste Déborah Hassoun se sont entourées de plusieurs personnes qui oeuvrent ou étudient au quotidien ces problématiques.

Une policière bénévole à la Maison des Femmes de Saint-Denis, un psychiatre spécialisé sur les violences sexuelles sur les mineures, ou encore la militante féministe Elvire Duvelle-Charles, autrice de Clit Révolution : Manuel d'activisme féministe (Editions Des Femmes) et de Féminisme et réseaux sociaux (ed. Hors d'atteinte).

"Souvent, on a une image des victimes et des survivantes qui sont très traumatisées, alors que ce sont des warriors qui continuent à vivre", notait la scénariste Déborah Hassoun sur Radio Nova. D'où l'importance, on ne le répétera jamais assez, d'écouter les personnes concernées.