Deb Haaland deviendra la première Amérindienne ministre aux Etats-Unis

La congressiste amérindienne Deb Haaland le 17 décembre 2020.
La congressiste amérindienne Deb Haaland le 17 décembre 2020.
C'est une (r)évolution tranquille qui s'écrit du côté de la Maison Blanche. Et notamment au sein des nominations de la prochaine équipe du président élu Joe Biden. Pour s'en assurer, il suffit de se pencher sur le profil de Deb Haaland, qui deviendra la première Amérindienne à la tête d'un ministère aux Etats-Unis.
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L'Amérique de Joe Biden ne sera pas celle de Donald Trump, on le devine aisément. Déjà parce que le président démocrate élu a engagé une équipe 100% féminine à la communication, en plus de voir sa politique incarnée par la première Vice-présidente de l'Histoire des Etats-Unis, Kamala Harris. Mais ce n'est pas tout. Le leader vient de nommer au poste de ministre de l'Intérieur une personnalité des plus emblématiques : Deb Haaland.

Démocrate et autochtone, Deb Haaland représente le Nouveau Mexique au sein du Congrès américain. Avec cette récente nomination, cette membre de la tribu des Laguna Pueblo devient l'une des figures amérindiennes fortes d'une nation qui vit un tournant timide mais indéniable : cette année, ce sont trois élues amérindiennes qui siègent à la Chambre des représentants.

Comme le rappelle le New York Times, si sa nomination est approuvée par le Sénat, Deb Haaland, 60 ans, deviendra la première Amérindienne de l'Histoire à occuper un poste ministériel. Au sein de son département, Deb Haaland sera notamment responsable des ressources naturelles comme les parcs nationaux, mais aussi les réserves autochtones. Un combat climatique et politique qui lui tient particulièrement à coeur.

Une nomination qui compte

Plus précisément, il s'agit comme a pu l'indiquer Joe Biden l'espace d'un communiqué "d'affronter la menace existentielle que représente le changement climatique". Pour ce faire, Deb Haaland ne sera pas seule. Elle sera épaulée par la ministre de l'Energie et ancienne gouverneure de l'Etat du Michigan Jennifer Granholm, partisane des énergies propres, et de l'expérimenté Michael Regan, à la tête de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA).

L'enjeu climatique ne sera pas le premier combat de Deb Haaland. Il y a deux ans déjà, elle était l'une des deux premières femmes autochtones à entrer au Congrès. Depuis, elle n'a cessé de défendre l'idée d'une gouvernance plus inclusive, plus féministe, mais aussi d'une Amérique qui se préoccuperait réellement des populations amérindiennes. "Je suis une femme, et une femme de couleur, le genre de personnes qu'il faut au pouvoir actuellement pour faire avancer les questions qui comptent. Mes ancêtres ont fait des sacrifices incroyables pour me permettre de garder mes coutumes et traditions et je ne leur ferai pas défaut", déclarait-elle en 2018.

Sur ses réseaux sociaux aussi, elle célèbre les cultures autochtones. "Il faut prendre le temps d'honorer nos ancêtres et de les remercier pour leurs contributions à ce pays, poursuivre la lutte pour l'égalité des chances pour tous", écrit-elle.Sur Instagram toujours, elle défend également le respect des droits des personnes trans, et incite fortement "à lutter contre la haine alors que nous nous efforçons de rendre notre pays plus équitable pour tous et toutes". Une voix plurielle et militante donc, qui n'a certainement pas fini de faire parler d'elle.