La fin des terrasses chauffées, une vraie avancée écolo ?

La fin des terrasses chauffées, une vraie avancée écolo ?
La fin des terrasses chauffées, une vraie avancée écolo ?
C'est officiel : les terrasses chauffées sont désormais interdites en France. Une initiative qui devrait faire bien du bien au climat ?
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Ca y est, c'est fait : les chauffages en terrasses de bars et de restaurants sont désormais interdits en France. Une entrée dans la loi appliquée ce jeudi 31 mars. Quiconque transgressera cet interdit pourrait faire l'objet d'une amende de 1 500 €, somme pouvant même grimer jusqu'à 3 000 € en cas de récidive.

Il faut savoir que la fin des terrasses chauffées est une mesure méditée depuis des années dans l'hémicycle. L'an dernier déjà, au moment du vote de la loi, Emmanuel Wargon, alors secrétaire d'État à la Transition écologique, avait déclaré "Il me semble qu'en terme écologique, chauffer l'extérieur reste un non-sens absolu".

"On ne peut pas non plus chauffer à plein régime des terrasses en plein hiver pour le simple plaisir de boire son café en terrasse en ayant chaud", avait par la suite abondé à l'unisson la ministre Barbara Pompili, comme le relate le site de France Inter.

"Ce n'est pas anecdotique"

Et on comprend ces déclarations critiques. Le fonctionnement des terrasses chauffées engendrerait la production d'un demi-million de tonnes de CO2 chaque année. "Ce n'est pas anecdotique", avait avancé Emmanuel Wargon. Selon l'ingénieur énergéticien Thierry Salomon, poursuit France Inter, une terrasse chauffée pourrait consommer jusqu'à 50.400 kWh par hiver et ainsi engendrer 13,7 tonnes de gaz carbonique dans l'atmosphère.

"C'est l'équivalent des émissions d'une berline neuve qui roulerait 122.000 km, soit trois fois le tour du globe terrestre", a poursuivi l'expert d'un ton alerte. Une analogie qui file le vertige. Et rend d'autant plus signifiante l'application de cette mesure, qui était déjà prévue pour l'hiver 2020, lors de la Loi climat, mais avait été retardée. Un projet de longue date donc.

"En supposant que la moitié des 22.000 terrasses de Paris soient pareillement chauffées, leur consommation électrique hivernale totale est égale à celle de tous les habitants de deux arrondissements de la capitale pendant un an", avait poursuivi Thierry Salomon. A noter que des villes soucieuses des enjeux écologiques comme Rennes avaient déjà instauré la fin des terrasses chauffées sans attendre ce mois de mars 2022.