Les féminicides ont baissé de 38% en 2020 : "Il est possible d'éviter ces meurtres"

Collage du collectif "Collages Feminicides Paris" le 31 août 2020 à Paris
Collage du collectif "Collages Feminicides Paris" le 31 août 2020 à Paris
"Il est possible d'éviter ces meurtres, quand on veut on peut, les féminicides ne sont pas une fatalité". Les chiffres sont tombés : en 2020, les féminicides conjugaux ont baissé de 38%. Une nouvelle remarquable qui fait réagir voix féministes.
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90 femmes auraient été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France de 2020. C'est ce que révèle le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti. Un chiffre en baisse notable par rapport à l'année antérieure : en 2019, l'on dénombrait pas moins de 146 féminicides, précise le ministère de l'Intérieur. C'est donc une baisse de 38% des féminicides rapportée par le Garde des Seaux.

"Chaque homicide, chaque violence, est un échec avec les conséquences humaines dramatiques que l'on imagine, un échec pour notre société toute entière et le ministère de la justice. Ces résultats sont encore trop modestes mais porteurs d'espoir", a commenté Eric Dupond-Moretti l'espace d'un live Facebook dédié au sujet, comme le précise Le Monde. Il y a fort à parier que lesdits résultats seront associés aux actions du Grenelle des violences conjugales initié en septembre 2019 par Marlène Schiappa. Une initiative salutaire mais pourtant loin d'être parfaite, comme le relèvent depuis deux ans déjà de nombreuses associations et voix féministes.

Du côté des militances, justement, on commente volontiers ces chiffres.

Un chiffre qui fait réagir

C'est notamment le cas de la Fondation des femmes, qui voit là un signe tout à fait positif d'évolution sociale : "Quand on veut, on peut !", cingle leur communiqué officiel. A en lire l'organisation féministe, particulièrement active quand il s'agit de dénoncer le fléau des violences conjugales, cette baisse serait "exceptionnelle". Comment l'expliquer ? Par une forte "priorisation politique" de cette problématique majeure durant le premier confinement, avance la Fondation. Rappelons à ce titre que lors du premier confinement, depuis mars dernier, on avait dénombré une hausse de pas moins de 30 % des cas de violences conjugales en France. Vertigineux.

Mais selon la Fondation des Femmes, les nombreux discours politiques consacrés aux sujets des violences conjugales et intrafamiliales furent suffisamment "forts" au cours de l'année dernière pour sensibiliser et, surtout, agir.

"Les forces de l'ordre se déplaçaient systématiquement et les dossiers passaient en priorité dans les tribunaux. Les moyens ont également augmenté concernant l'hébergement des victimes", nous assure la Fondation, qui se permet aussi de saluer la mobilisation des associations et leur "formidable travail".

"La leçon à en tirer est que les féminicides conjugaux ne sont pas une fatalité : il est possible d'éviter ces meurtres", conclut le communiqué. De quoi accueillir avec espoir le monde d'après. Mais comment les éviter d'autant plus ? En appelant le gouvernement à augmenter le budget dédié aux violences faites aux femmes, tout d'abord. En formant davantage encore, puis en sensibilisant dès le plus jeune âge aux violences sexistes, aussi.

Et en se rappelant, toujours et avant tout, que "90 victimes de féminicides conjugaux sont déjà 90 de trop", comme l'énonce la Fondation. Des paroles limpides. "Il est encore trop tôt pour acter une tendance à la baisse car ça peut remonter cette année. Avec encore près de 100 mortes, on ne peut pas se satisfaire", commente à l'unisson Caroline De Haas, fondatrice du mouvement Nous Toutes, dans les pages du Monde.