"Pas besoin d'attestation" : quelles solutions pour les victimes de violences conjugales ?

De quels services disposent les victimes de violences en plein confinement ?
De quels services disposent les victimes de violences en plein confinement ?
Comme au temps du premier confinement, l'isolement exacerbe les risques de violences conjugales, et ne rend que plus dangereux le quotidien des victimes. Mais heureusement, des services d'aide existent.
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Lors du premier confinement, on avait dénombré une hausse de 30 % des cas de violences conjugales en France. Vertigineux. On le sait désormais, chiffres à l'appui, l'isolement généralisé pour des raisons sanitaires ne rend que plus critique la situation des individus les plus discriminés et violentés d'ordinaire – comme les femmes victimes de violences psychologiques et physiques. Mais alors qu'un second confinement national vient d'être officialisé le 30 octobre dernier, de quels services disposent au juste les principales concernées ?

Les mêmes dispositifs qu'en mars dernier, précisera-t-on d'emblée. A savoir ? L'accès libre à des plateformes en ligne comme Arrêtons les violences ou le service de messagerie instantané de l'association En Avant Toute(s), lancé avec le soutien de la Fondation des Femmes et du réseau d'associations féministes Solidarité Femmes.

Le recours aux pharmacies également, qui accueillent les victimes et leur permet de signaler leur situation.

Mais aussi l'apport du 3919, le numéro d'écoute national, aussi bien destiné aux victimes qu'aux témoins, et du 114, numéro dédié aux personnes sourdes et malentendantes à l'origine, désormais étendu aux cas des victimes de violences intrafamiliales. Enfin, en cas d'urgence, il est fortement recommandé de faire le 17. Mais ce n'est pas tout. Car pour ce nouveau confinement, de nouvelles initiatives ont été mises en place.

De judicieux aménagements

Par exemple ? La proposition d'un trajet Uber gratuit aux femmes qui s'adressent directement au 39 19, et ce afin de leur permettre de quitter leur domicile en toute sécurité. Mais également, développe le site de France Inter, l'augmentation des chambres d'hôtel pouvant les accueillir en cas d'urgence.

Enfin, quelques aménagements doivent être retenus : contrairement au premier confinement, les femmes victimes n'ont désormais plus à se munir d'une attestation de déplacement dérogatoire en cas de fuite, ou lorsqu'elles souhaitent avoir accès aux services d'aide extérieurs. Idem pour les associations qui leur viennent en aide.

Et la ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes Elisabeth Moreno d'en faire carrément le mot d'ordre de cet "épisode 2" du confinement : "Les dispositifs d'écoute, d'alerte et de secours destinés aux femmes victimes de violences conjugales (et leurs enfants) sont opérationnels. Et pas besoin d'attestation pour fuir !", écrit la ministre sur Twitter.

Une initiative salutaire, si ce n'est nécessaire. Mais cela sera-t-il suffisant pour ne pas voir le taux de violences et de féminicides exploser, comme ce fut le cas il y a huit mois ?

Cela reste encore à prouver malheureusement. En mars dernier, nombreuses étaient les voix militantes à déplorer les insuffisances des services d'aide, comme celles du 39 19 par exemple, encombré par les appels. Pour les paroles associatives, cette dimension critique est indissociable de l'investissement (inégal) du gouvernement dans la cause pourtant cruciale des violences faites aux femmes. En août dernier, Caroline De Haas, l'instigatrice du collectif Nous Toutes, déplorait à ce titre l'inexistence de politiques publiques ambitieuses.

Et insistait sur l'importance d'un plan d'urgence d'un milliard d'euros afin d'apporter des aides plus conséquentes, mais aussi sur le déploiement de meilleurs moyens de prévention. "Le confinement a rebattu les cartes, nous devons nous réinventer et faire des propositions qui prennent en compte la crise que nous venons de traverser", déclarait en juin dernier l'ancienne secrétaire d'Etat à l'égalité femmes-hommes Marlène Schiappa.

Bon, et maintenant ?