Monde
La taxe grossophobe d'une marque de pyjama ne passe pas du tout
Publié le 16 janvier 2019 à 13:01
Des consommatrices ont remarqué des différences de prix entre petites et grandes tailles chez la marque de pyjama australienne Peter Alexander. Une discrimination qui ne passe pas du tout.

Les consommatrices et les consommateurs n'aiment pas être pris·es pour des idiot·es. C'est ce que vient d'apprendre une grande marque de pyjama australienne.

Peter Alexander a déclenché la colère des acheteuses quand elles ont remarqué que pour les mêmes modèles, la marque appliquait un tarif supérieur pour les grande tailles.

C'est une cliente qui a alerté sur un groupe privé sur Facebook en postant une capture d'écran du site de la marque : "J'ai remarqué que Peter Alexander demandait plus d'argent pour la version plus grande de leur pyjama. C'est mal ! C'est aussi mauvais que de faire payer les femmes plus cher que les hommes pour le même vêtement."

En effet, sur sa capture d'écran, on peut voir que le modèle grande taille coûte 10 dollars australiens de plus que le modèle petite taille, soit environ 6,30 euros. Cela semble être le cas pour d'autres modèles.

Les tarifs différenciés de Peter Alexander © Facebook, Louise Ridley

Sur Instagram, les abonné·es de Peter Alexander expriment leur mécontentement : "C'est dégueulasse de faire payer plus cher pour une taille plus." Une autre déclare : "Combien coûtent les pyjamas taille XXL ? J'ai entendu dire que vous faisiez payer plus pour les grandes tailles."


Nicole Susan, elle, prend le temps d'écrire un long message à Peter Alexander pour exprimer sa colère : "Je suis déçue que vous trouviez acceptable d'augmenter les prix pour les grandes tailles. Je suppose que suivant la même logique, vous allez réduire les prix de la gamme XS-M que j'achète pour mes filles. Et la gamme pour enfants sera à moitié prix."


Elle raconte ce qui se passe dans la plupart des magasins qui proposent soit-disant des grande tailles, le fait qu'elles ne soient quasiment pas disponibles en physique mais surtout en ligne : "Si l'on s'attend à ce que nous payions plus cher, on s'attend à ce que les grandes tailles ne soient plus poussées à l'arrière de vos magasins, dans le coin louche. De plus, tous les magasins auront en stock l'ensemble de la gamme de modèles et de tailles. Comment se fait-il que dans certains modèles de la gamme des grandes tailles ne sont disponibles qu'en ligne - un traitement plus différent."

Elle déplore le traitement différencié entre minces et grosses personnes : "Cessez de traiter les gens de plus grande taille comme des citoyens de deuxième classe, notre argent est le même."

Et c'est bien ce que demandent les personnes grosses, la fin de cette ségrégation.

Différence de prix

Peter Alexander explique avoir commencé à vendre des grande tailles il y a deux ans. Dans une réponse formulée à une utilisatrice Facebook et citée par le site news.com, la marque a tenté de se justifier : "Afin de les rendre aussi confortables que possible, nous utilisons un motif différent qui répond spécifiquement aux besoins des tailles, plutôt que de simplement augmenter la taille. Cela nous permet de nous assurer que l'ajustement et le confort sont corrects aux bons endroits - par exemple, nous pouvons augmenter la couverture sur les hanches ou les cuisses, mais pas la longueur du pantalon, ou nous ajoutons un soutien supplémentaire à nos nuisettes pour assurer une couverture sur la poitrine."

Des modèles similaires mais différents ? Ne serait-il pas plus égalitaire de lisser les prix entre toutes les tailles ? Une nouvelle fois, il y a les minces et les autres. Après la taxe rose, soit la différence de prix entre un produit dit "pour homme" et un produit dit "pour femme", on découvre la "Fat Tax" ou la grossotaxe.

Par Marguerite Nebelsztein | Journaliste
Marguerite Nebelsztein, journaliste spécialisée dans les sujets de société sur le site terrafemina.com
Mots clés
Monde Société mode grossophobie News essentielles discrimination Buzz
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