Tout comme les hommes, les femmes n'hésitent pas à demander une augmentation

Tous comme les hommes, les femmes n'hésitent pas à demander une augmentation
Tous comme les hommes, les femmes n'hésitent pas à demander une augmentation
Si les femmes gagnent moins que les hommes, ce n'est pas nécessairement parce qu'elles sont de moins bonnes négociatrices, contrairement à une croyance largement répandue.
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C'est un fait qui demeure malheureusement incontestable : les femmes gagnent moins bien leur vie que les hommes. En France, cet écart salarial s'estime à 9%, à poste et à âge équivalents. Cette discrimination serait due à un manque de confiance de la part des salariées et une moins bonne capacité à négocier des augmentations que leurs homologues masculins. Du moins, c'est ce que la société tend à nous faire croire.

Car une récente étude réalisée par des chercheur·euse·s américain·e·s et britanniques publiée sur le site de la Harvard Business School, tord le cou à cette allégation. D'après des données issues de 4600 employé·e·s dans 800 entreprises d'Australie, les femmes sont aussi nombreuses que les hommes à demander des augmentations de salaire.

Des motivations qui varient selon l'expérience

Dans cette enquête, les données australiennes analysées résument les motivations de chaque salarié·e souhaitant recevoir une augmentation, ainsi que son expérience et son ancienneté au sein de l'entreprise. Les principales différences de comportement se manifestent davantage chez les salarié·e·s titularisé·e·s ou ceux et celles avec une ancienneté importante au sein de l'entreprise. Sans surprise, ces dernier·ère·s sont en effet plus nombreux à demander des augmentations de salaire.

Toutefois, l'étude a prouvé que les salariés masculins avaient 20% de chances d'obtenir une issue favorable à leur requête, contre 15% de leurs homologues féminines. "Nous avons également examiné l'idée que les femmes agissent moins fermement dans les négociations de peur de perturber la relation avec leur patron ou leurs collègues... Mais nous n'avons trouvé aucune justification à cet égard dans nos données", soulignent les chercheur·euse·s.

Moins d'écart chez les jeunes salarié·e·s

D'autres critères tels que le niveau d'éducation et l'origine sociale des salarié·e·s ont été pris en compte. Mais là non plus, l'enquête n'a pas permis de "détecter de différences significatives" pouvant justifier cette discrimination salariale.

Les auteurs et les autrices du rapport notent toutefois une évolution chez les jeunes fraîchement débarqué·e·s dans le monde du travail : d'après l'enquête, les salaires des jeunes hommes ne semblent pas plus élevés que ceux des jeunes femmes.

"Il se peut donc que le comportement de négociation ait commencé à changer. Les recherches futures pourraient être en mesure de décider si de véritables changements sont en cours sur le marché du travail moderne", en concluent les chercheur·euse·s.

Les Françaises 9% moins bien payées que les Français

La partie est cependant loin d'être gagnée. D'après le rapport 2017 de l'Organisation de coopération et de développement économiques, "aucun pays au monde n'a réussi à instaurer la parité." "Même les pays les plus égalitaires continuent d'enregistrer des décalages inquiétants entre hommes et femmes", regrette l'Organisation qui salue néanmoins les efforts déployés par certains pays, dont la France, ces dernières années pour enrayer les inégalités salariales.

Parmi les récentes initiatives visant à combattre l'inégalité salariale, on peut notamment citer l'Islande. Le 1er janvier 2018, ce petit pays de 331 000 habitants a définitivement adopté la loi rendant illégales les inégalités salariales entre les femmes et les hommes.