Une école de médecine japonaise durcissait l'examen d'entrée pour les femmes

Certaine qu'elles étaient avantagées, l'université Juntendo de Tokyo avait rendu les épreuves d'admission plus difficile pour les candidates. Elle vient d'être condamnée pour discrimination sexiste à verser des dédommagements à 13 étudiantes concernées.
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En 2018, l'université Juntendo, à Tokyo, estime que les capacités de communication des jeunes femmes qui passent son examen d'entrée son supérieures. Un avantage présumé sur leurs camarades masculins que l'école entend "réduire". Alors, elle décide de durcir ses épreuves pour les concurrentes féminines. Hallucinant, et malheureusement pas isolé.

Si le tribunal de première instance de la capitale japonaise a condamné l'établissement à verser des indemnités aux plaignantes (des médias locaux évoquent la somme de 8 millions de yens, soit 59 000 euros, rapporte l'AFP), il ne devrait pas être au bout de ses peines - littéralement.

Des notes falsifiées pour limiter la présence des femmes

Il y a 4 ans, le gouvernement japonais a ouvert une enquête pour une affaire similaire dans un autre établissement. Cette fois, il n'était pas question de rendre les examens plus compliqués, mais tout simplement de falsifier les notes de candidates de genre féminin.

Une initiative de l'administration pour que la proportion de femmes dans le programme reste autour de 30 %. La raison d'une telle discrimination ? Le comité de sélection affirmait que les femmes médecins mettaient souvent un terme à leur carrière pour faire famille.

Devant ces injustices flagrantes, le ministère de l'Education japonais avait étudié rigoureusement les concours d'entrée de 81 écoles, publiques et privées. Résultat : 10 d'entre elles pratiquaient des procédures répréhensibles dont 4 appliquaient une discrimination évidente envers les jeunes femmes à s'y présenter, informe encore l'agence de presse. Des actions en justice avaient alors été lancées.

En France, une longue étude s'est également intéressée aux risques discriminatoires à l'entrée en Master, portant cette fois sur deux critères qui n'incluent pas le genre : le handicap et le patronyme maghrébin. Les chercheurs ont "testé" plus de 600 cursus en envoyant 3 mails identiques aux responsables de formation. Et ont découvert que "les étudiants supposés d'origine maghrébine sont dans l'ensemble pénalisés par rapport aux étudiants supposés franco-français, car on leur répond moins souvent en leur indiquant la marche à suivre pour s'inscrire".
Une enquête qui "devrait permettre d'avancer sur ce sujet, alors que l'université est censée jouer ce rôle d'ascenseur social", commentait la vice présidente de la FAGE, Laurine Chabal, en janvier dernier.