Cheffe, humoriste, wonder women : ces femmes qui vont nous épater en 2020

La cheffe Alexia Duchêne est au top en 2020.
La cheffe Alexia Duchêne est au top en 2020.
Qui dit nouvelle année dit bonnes résolutions, oui, mais aussi "prédictions". Alors que 2020 commence à peine, certaines personnalités semblent déjà bien parties pour devenir nos super-héroines de l'année. On vous révèle tout...
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2019 fut une année mouvementée. Pas seulement à cause des saillies sexistes des gros misogynes, on vous rassure. Non, l'on retiendra surtout les discours et les actes inspirants au possible de militantes, actrices, sportives emblématiques : nos icônes de l'an dernier. Mais une fois passés tous ces bilans (et le réveillon), il est temps de se pencher sur les mois à venir. Et de saluer celles qui, on le sait déjà, régneront sur 2020. Des politiciennes, musiciennes et comédiennes engagées, féministes, déterminées, de véritables leadeuses qui risquent bien de bousculer le petit monde patriarcal qu'elles investissent avec audace. Voici nos grands espoirs de cette année.

Elizabeth Warren, future présidente des Etats-Unis ?

Elizabeth Warren sera-t-elle la première présidente de l'histoire des Etats-Unis ?
Elizabeth Warren sera-t-elle la première présidente de l'histoire des Etats-Unis ?

Lunettes au nez, regard fier, droiture qui en impose... Elizabeth Warren pourrait bien devenir la première présidente de l'histoire des Etats-Unis. En cette année de course vers la Maison Blanche, la candidate démocrate est considérée comme l'une des plus sérieuses concurrentes de Donald Trump. Il faut dire que la sénatrice du Massachusetts ne débarque pas à l'improviste : son parcours parle pour elle. Trente ans d'enseignement à la Harvard Law School, une implication dans la présidence Obama de 2008 (elle a contribué à la création du Bureau de protection financière des consommateurs), de nombreux livres d'économie étoffés à son actif...

Ce qui dénote avec Elizabeth Warren, c'est sa volonté d'être (vraiment) proche du peuple, lorsqu'elle pointe du doigt les responsabilités des grandes entreprises, s'engage en faveur du mariage homosexuel, du contrôle des armes à feu et du droit à l'avortement, par exemple. A l'heure où l'homme le plus puissant du monde est un milliardaire misogyne, cette femme de convictions vise justement les plus riches d'Amérique : elle désire mettre en place un impôt sur les fortunes de plus de 15 millions de dollars.

On s'impatiente de voir jusqu'où se hissera la native de l'Oklahoma.

Patty Jenkins, Cate Shortland, Chloe Zhao, Cathy Yan : les wonder women d'Hollywood

2020 sera l'année des wonder women. Devant la caméra, mais aussi derrière ! Comme en témoigne les blockbusters progressistes qui sont venus bousculer le box office ces dernières années (Wonder Woman de Patty Jenkins, Black Panther de Ryan Coogler), le genre "super-héroïque" évolue, lentement mais sûrement. Et en 2020, il sera pris en mains par des réalisatrices.

A savoir Patty Jenkins, à la tête de Wonder Woman 1984 (toujours avec Gal Gadot dans le rôle de l'Amazone), mais également l'australienne Cate Shortland, qui mettra en scène Black Widow (dédié au personnage éponyme incarné par Scarlett Johansson), la Pékinoise Chloe Zhao, qui dirigera Angelina Jolie et Salma Hayek dans The Eternals (d'après la mythologie comic-book du grand Jack Kirby) et la sino-américaine Cathy Yan, dont l'on attend - avec beaucoup de curiosité - l'énigmatique Birds of Prey, un spin-off de Suicide Squad focalisé sur la délirante (et subversive) Harley Quinn, interprétée par Margot Robbie.

Gageons que ces artistes issues du ciné indé, et qui ont fait leurs preuves dans des genres tout à fait différents (de la romance criminelle au drame historique) sauront booster les univers plutôt balisés de Marvel et DC Comics.

Rachel Zegler, étoile du prochain Steven Spielberg

Elle n'a que dix-sept ans, mais s'apprête déjà à devenir une superstar. Rachel Zegler a été choisie par Steven Spielberg afin de tenir l'affiche de West Side Story, le prochain film du cinéaste. La présence de cette lycéenne native du New Jersey dans ce remake du chef d'oeuvre de Robert Wise est riche de sens. Sur YouTube, la jeune chanteuse (et actrice) ravit ses dizaines de milliers de fans avec ses nombreuses reprises mélodieuses, comme celle du "Shallow" de Lady Gaga et Bradley Cooper. Elle est donc taillée pour donner le la à un classique du musical.

De plus, Zegler est d'origine colombienne. En incarnant l'emblématique immigrée porto-ricaine Maria, interprétée il y a quelques décennies de cela par l'américaine Natalie Wood, elle rend à César (ou plutôt à la communauté hispanique) ce qui lui appartient. Enfin, d'une interview à l'autre, la teenager ne cesse de rappeler le nom de son role-model : l'actrice porto-ricaine Rita Moreno, interprète iconique d'Anita dans le film de Robert Wise. C'est dire si Rachel Zegler était faite pour porter ce West Side Story sur ses épaules.

Alexia Duchêne, la cheffe plus que jamais au top

Quiconque a dévoré la dernière saison de Top Chef n'a pu oublier cette girlboss impressionnante de professionnalisme qu'est Alexia Duchêne. Pour cette fière demi-finaliste, 2019 fut l'année de la révélation. Et 2020 sera celle de la consécration, c'est écrit. Cette année, la cheffe ouvre les portes de son propre restaurant, Datsha. A seulement 24 ans. Tout en peaufinant l'identité de son établissement parisien (situé dans le quartier du Marais), cette patronne aux huit ans d'expérience ne cesse d'affirmer ses convictions féministes, révélant au gré de ses interventions les dessous d'un milieu où règne le sexisme ordinaire. Balance ton cuistot.

"J'ai toujours voulu représenter la jeunesse, les femmes, dans ce métier. Ce n'est pas facile tous les jours. J'ai vécu des trucs pas hyper cool. Dans les cuisines de restos étoilés, les mecs qui te mettent la main au cul, qui te parlent mal. J'ai reçu des textos quand j'avais 15 ans, de mecs qui me disaient 'Viens chez moi ce soir' et tout. À un moment donné, il faut que ça s'arrête !", déclarait-elle encore récemment au site Melty. C'est dire si l'inauguration de Datsha fait office de victoire savoureuse face à tous ces misogynes des fourneaux. Une cheffe plus que jamais au top.

Shirley, la nouvelle patronne du stand-up

Vous connaissez forcément Shirley Souagnon - ou Shirley pour les intimes. Elle fut l'une des voix les plus truculentes du Jamel Comedy Club. Ouvertement lesbienne, Shirley n'hésite pas à titiller les esprits les plus étroits dans ses sketchs. Mais ils semblent déjà loin, ces débuts face à un public hilare, tant l'humoriste n'a cessé d'accumuler les projets, de la création de sa chaîne YouTube à la mise en scène d'un documentaire (sur l'art du stand-up, bien évidemment).

En 2019, la productrice a affirmé ses ambitions de patronne en ouvrant les portes de son Barbès Comedy Club. Installé en plein 18ème arrondissement, ce lieu permet aux humoristes de demain de se "chauffer" en testant leurs vannes. Mais Shirley tient également les rênes du drôle de lieu culturel Le Jardin Sauvage, situé sur une péniche aux abords de Seine. Invitée sur le plateau de l'émission Clique, elle a déclaré vouloir "installer le stand-up comme un vrai métier", chose encore loin d'être évidente en France. C'est tout ce que l'on souhaite à cette véritable "working girl" de l'humour que rien ne semble pouvoir arrêter.

Lala &ce, l'avenir du rap francophone

On dit d'elle qu'elle est "la future grande dame du rap". Voire carrément "la meilleure rappeuse francophone". On la compare à Lil Wayne et Frank Ocean. C'est dire s'il faut suivre de (très) près les sons sensuels de Lala &ce. Issue du collectif 667, cette lyonnaise exilée en Angleterre impose son flow d'artiste métisse et lesbienne au sein d'un panorama hexagonal encore loin d'être avare en homophobie nauséeuse.

Dans ses morceaux, Lala &ce épingle la mise en scène du corps féminin dans les clips de rap et fait honneur aux plus emblématiques des femmes fortes. Sa voix androgyne suffit à en dérouter beaucoup. Après la sortie de sa mixtape en 2019 (largement saluée dans la presse), Lala &ce fera de nouveau vibrer nos casques cette année, on le sait.

Regan Smith, l'un des espoirs des J.O. de Tokyo

2'03''35. C'est qu'il a suffit à Regan Smith pour parcourir ses 200 mètres dos durant l'épreuve de natation des derniers Mondiaux de Gwangju (Corée du Sud). C'est un record. D'autant plus impressionnant pour une sportive de dix sept ans seulement. Il faut dire que la principale concernée s'entraîne très sérieusement depuis ses dix ans. Elle n'avait d'ailleurs que quinze ans lorsqu'elle a participé à son premier championnat du monde, excusez du peu. Mais suite aux Mondiaux, elle même l'a avoué aux journalistes, en toute humilité : "J'ai dépassé toutes mes attentes".

Et elle semble prête à les surpasser une nouvelle fois. Cette nageuse de très haut niveau est entrée dans l'histoire et l'on attend désormais ses performances aux Jeux Olympiques d'été de Tokyo. Nulle doute que l'adolescente fera encore honneur à la natation américaine en 2020.

Constance Debré, l'autrice la plus insaisissable

Constance Debré est insaisissable. Son premier roman, Play Boy, récit autobiographique de coming out, de bourgeoisie (étrillée) et de désir(s) féminin(s), avait fait sensation en 2018. Cette ex-avocate pénaliste s'apprête de nouveau à bousculer son lectorat avec la parution le 8 janvier de Love me tender, aux éditions Flammarion. Une écriture sans concessions, à l'image de cette autrice dont l'oncle (Jean-Louis Debré) vous est certainement bien connu. En devenant écrivaine et en avouant son homosexualité, Constance Debré a perdu bien des choses (son cabinet, sa place au sein d'une classe huppée) mais elle a gagné sa liberté.

De ses écrits puissants à ses déclarations publiques, l'autrice évoque aussi bien la violence de classe et le tabou de l'homosexualité que la déconstruction des genres. C'est l'une des raisons pour lesquelles sa voix est si essentielle à l'année qui se profile. Dans le prometteur Love Me Tender, Constance Debré interroge la notion si mystifiée d'amour maternel. Nulle doute que sa prose fascinante fera encore jaser.

Lyna Khoudri, comédienne puissante

Lyna Khoudri, l'actrice qui va compter en 2020.
Lyna Khoudri, l'actrice qui va compter en 2020.

Papicha a été l'un de nos films coups de poing de 2019. Dans cette histoire d'algériennes rebelles éclate le talent d'une actrice au nom retenu illico : Lyna Khoudri. Une comédienne forte qui, de la série Canal Les sauvages (réalisée par Rebecca Zlotowski) à la "dramédie" populaire Hors Normes (le dernier Tolenado/Nakache), n'est jamais passée inaperçue. En 2017 déjà, cette native d'Alger avait remporté un prix d'interprétation à la Mostra de Venise pour sa prestation dans Les bienheureux. En 2020, elle risque bien de décrocher le César de la meilleure révélation féminine. On croise les doigts très très fort.

A 27 ans, Lyna Khoudri est une actrice pleine de promesses. Elle revendique sa liberté et la richesse politique des projets qu'elle porte. Fort de ses performances et du succès critique de Papicha, la comédienne est promise à une belle carrière internationale. La preuve ? On la retrouvera dans le prochain Wes Anderson, rien que ça. Un ovni au casting fou (Frances McDormand, Bill Murray, Timothée Chalame, Benicio del Toro, Tilda Swinton, Saoirse Ronan, Léa Seydoux) intitulé The French Dispatch. Hâte !

Celeste Waite, la nouvelle reine de la soul

Celeste, ce n'est pas qu'un nom (qui force déjà le respect), c'est aussi une voix qui laisse pantois. Puissante et sensuelle, elle vaut à la chanteuse toutes les comparaisons - Billie Holiday, Amy Winehouse, Diana Ross, Aretha Franklin... Des légendes. L'interprète de 25 ans s'est lancée dans la musique dès l'adolescence, côtoyant très tôt musiciens, auteurs et producteurs. A la petite vingtaine, elle sortait déjà son premier EP, Milk & Honey, après un passage du côté de Bank Holiday, le label de Lily Allen (oui, rien que ça).

Depuis, le style de Celeste Waites (de son nom complet) s'est largement affirmé, évoquant aussi bien les rythmiques du hip hop que la mélancolie plaintive du jazz. Un imaginaire culturel que l'artiste assume sans jamais que cela n'entache sa singularité propre. La preuve ? BBC Music l'a carrément érigé en artiste de l'année 2019. En attendant ses futures couronnes...