Les Saoudiennes pourront bientôt porter le bikini sur une plage... privée

Plage de Sharm Harm El Sheik au bord de la mer Rouge, Egypte
Plage de Sharm Harm El Sheik au bord de la mer Rouge, Egypte
Dans 5 ans, les Saoudiennes seront enfin libres de porter le bikini sur la plage. Du moins sur cette station balnéaire que le gouvernement va aménager pour attirer les touristes étrangers.
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C'est une grande première. L'Arabie Saoudite, l'un des pays les plus restrictifs au monde en ce qui concerne les droits des femmes, inaugurera une station balnéaire de luxe où le port du bikini sera autorisé.


D'habitude contraintes de porter une tenue qui les recouvre des pieds à la tête dans les espaces publics, les Saoudiennes pourront enfin profiter du doux contact de l'eau et du soleil sur leur peau. Cette luxueuse station balnéaire s'étendra sur 150 km tout au long de la côte nord-ouest du pays, au bord de la mer Rouge. La construction devrait commencer en 2019 pour une ouverture en 2022. Le site sera réparti autour de 50 îles naturelles et proposera de multiples loisirs comme le trekking ou l'escalade. Les voyageurs étrangers n'auront pas besoin de visa pour visiter cette partie du pays.

Attirer les touristes étrangers


Orchestré par le jeune prince héritier Mohammed bin Salman, ce projet s'inscrit dans le cadre du vaste plan économique "Vision 2030", qui entend diversifier l'économie saoudienne, aujourd'hui majoritairement tributaire du pétrole. Le pays du Moyen-Orient souhaite notamment concurrencer l'Egypte, dont la fréquentation touristique est en chute libre ces dernières années en raison des nombreuses attaques terroristes perpétuées sur son territoire.


Cette plage de luxe servira donc surtout de vitrine pour attirer les touristes étrangers, frileux à l'idée de s'exhiber sur une plage où les femmes arborent le voile intégral. "Les règles appliquées sur cette plage seront conformes aux normes internationales", indique un communiqué relayé par Telegraph .


Si une Saoudienne n'a ni le droit de conduire ni de voyager sans l'accord de son mari ou d'un parent masculin, l'application des lois concernant les tenues vestimentaires n'est pas totalement uniforme. La jeune mannequin saoudienne arrêtée en juillet pour avoir défilé dans les rues de Riyad en minijupe n'a d'ailleurs écopé d'aucune peine.

" Révolte en bikini " à Alger

Cet été, la question de la tenue vestimentaire des femmes au sein de pays musulmans est au coeur des débats. Un mouvement de contestation né à Alger il y a un mois commence notamment à prendre de l'ampleur.

Connue sous le nom de "Révolte en bikini", l'initiative qui a vu le jour sur Facebook réunit des groupes de femmes qui se promènent en bikini sur les plages de la capitale algérienne pour afficher leur souhait de se vêtir comme bon leur semble. Crée au début de l'été 2017, le groupe Facebook compte à ce jour plus de 5000 membres.

Dans la même veine, des femmes turques sont descendues dans la rue la semaine dernière pour revendiquer leur liberté vestimentaire. Cette fois, le symbole de leur révolte n'était pas un bikini mais un short.