Macha Méril explique vivre un quotidien d'octogénaire "très amoureusement actif" alors qu'elle en vante les effets dans une interview qui témoigne de son ton bien connu : décomplexé à souhait et particulièrement réjouissant.
A 85 ans cette légende hexagonale n'est pas prête de dire non à son plaisir : dans les pages du magazine Notre temps, elle aborde avec la franchise qu'on lui connaît sa vie notamment ponctuée de "jeunes hommes", entre émois "amicaux" et plus si affinités : "la sexualité ne s'arrête pas à 80 ans", à écouter cette icône.
Qui fait bien de lever le silence sur ces sujets jamais abordés - tant et si bien que la sexualité des seniors fait office de redoutable impensé.
Car effectivement, qui aborde avec autant de liberté sa vie intime ? Déjà que les femmes se voient assignées à toutes sortes d'injonctions et de pressions, prises en étau entre la nécessité d'une vie sexuelle et les jugements portés envers cette même vie sexuelle (tel le slut shaming : le jugement des femmes en fonction de leur sexualité supposée, selon leur attitude, leurs tenues), ne parlons même pas de ce que vivent les seniors.
Seniors que Macha Méril défend avec justesse lors de cette prise de parole anti-âgisme : à l'encontre des discriminations et de la stigmatisation que subissent les personnes d'un certain âge : en vérité, de très nombreuses femmes, et ce, dès la quarantaine !
Macha Méril défend son droit au plaisir en tant qu'octogénaire. "Le sexe, comme l’amour, est un très grand sujet", confesse-t-elle d'abord avec une certaine facétie, ne craignant pas de mettre les points sur les i.
Avant de développer sur le même ton dans les pages de la revue : "J’ai beaucoup d’amitiés amoureuses, de jeunes hommes qui gravitent autour de moi. J’aimerais qu’en me voyant les gens se disent : “Vieillir joyeusement, c’est possible. Moi, j’ai bien l’intention de garder une sexualité jusqu’à la fin de ma vie !".
Elle fait bien de le rappeler, Macha Méril, que la sexualité et le droit au plaisir sexuel ne s'arrête pas des années après la retraite. Lorsque l'on est quinqua, sexa, septua ou octogénaire, "il y a une espèce d'injonction à disparaître" malheureusement, déplore la journaliste Sophie Dancourt, rédactrice en cheffe du média féministe J'ai piscine avec Simone.
A l'écouter, on a en tête les mots de la philosophe féministe Camille Froidevaux-Metterie, qui nous expliquait, en ces pages, à Terrafemina, que les femmes, et par exemple les actrices, une fois ménopausées, souffrent d'un phénomène d'exclusion sexiste... Car une fois qu'elles ne peuvent plus devenir mères, elles sont invisibilisées. On observe également, à l'unisson, une invisibilisation liée au désir masculin, davantage porté sur leurs cadettes.
"À partir du moment où les femmes franchissent le cap "fatal" de la ménopause, elles sortent du groupe des femmes procréatrices", théorise Camille Froidevaux-Metterie, "et elles perdent de ce fait ce qui est considéré depuis toujours comme leur principale fonction sociale".
"Ce truc de l'âge est dingue", énonce dans un même élan une légende absolue du cinéma british, Emma Thompson. "Ce fut toujours ainsi. Je me souviens que quelqu'un m'avait dit que j'étais trop vieille pour Hugh Grant... alors qu'il n'a qu'un an de moins que moi. Rien n'a changé à cet égard. C'est pire"
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