Le monde du yoga se retrouve au cœur d'accablantes enquêtes et accusations, suite aux dernières révélations du site d'investigation Les Jours : situations d'emprise, harcèlement sexuel, agressions sexuelles. Les témoignages se multiplient et il faut bien le dire, cela fait des années que cette sphère est bouleversée par le mouvement #MeToo. Sans forcément que cela n'engendre des conséquences ou des changements au sein d'un milieu aussi banalisé qu'étrangement méconnu.
Ce que révèle Les Jours est édifiant : "derrière son succès et son image d’une discipline bienveillante, pratiquée par plus de 5 millions de Français, le yoga repose aussi sur des rapports de pouvoir patriarcaux qui facilitent les abus", annonce d'emblée le site d'investigation, qui va épingler plusieurs "abus", justement, dénoncés : ceux-ci vont de la manipulation psychologique, et l'exploitation de la vulnérabilité d'autrui, aux violences sexuelles.
"Plusieurs femmes disent avoir été victimes de violences ou de situations d’emprise de la part de leurs professeurs de yoga, des hommes en position d’autorité : cette activité repose toujours en partie sur des rapports de pouvoirs patriarcaux", annonce cette enquête que nous vous invitons à découvrir sur le site des Jours. "Des femmes déclarant avoir été victimes d’emprise psychologique, de harcèlement ou d’agressions sexuelles dans leur pratique du yoga.", voilà ce que met en lumière cette investigation détaillée.
Yoga et agressions, une équation loin d'être antinomique. Quand bien même la pratique est synonyme de zen et de sérénité. En vérité, le cercle finalement très refermé du yoga comporte son lot de violences. C'est en tout cas ce que détaille l'enquête du site d'investigation Les Jours.
Un témoignage en ouverture, celui d'une ex pratiquante (et professeure) d'une trentaine d'années, qui déclare, dans son récit de l'agression sexuelle dont elle a été victime, et dont l'auteur ne serait autre qu'un professeur de yoga : « Le prof est venu par derrière pour m’ajuster et a collé son ventre et son sexe contre mon dos. Je l’ai vu faire plusieurs fois sur moi et sur d’autres. ».
Des récits comme celui-ci malheureusement, la sphère du yoga en cristallise énormément, depuis des années, et les enquêtes n'en finissent pas de se succéder, provoquant contre toute attente un silence "assourdissant" au sein de ce monde pas si régulé.
"Comment faire pour que ces abus cessent ? Comment revoir notre posture en tant que prof de Yoga ? Comment adapter notre manière d'interagir avec les élèves, notamment à travers les ajustements ?", s'interrogeait il y a quelques temps le podcast d'Ariane dans un épisode justement consacré aux violences sexistes et sexuelles dans le monde du yoga.
Un monde déjà largement entaché par des scandales, "notamment les accusations visant directement les gourous du yoga Chodhoury Bikram (Bikram Yoga), Pattabhi Jois (Ashtanga Yoga)", développe encore l'érudite dans son introspection. Ce n'est pas tout. On a également en tête les trente plaignantes ayant dénoncé en 2020 des professeurs de l'école Sivananda, pour des faits présumés de viols. Révélant ainsi tout un système de prédation et de violences banalisées.
Et Le Monde de mettre en avant un autre nom, au cœur d'allégations graves là encore : Gregorian Bivolaru, 71 ans, figure fondatrice du Mouvement pour l’intégration spirituelle vers l’absolu, qui a été entendu par la justice dans le cadre d'accusations de violences sexuelles à grande échelle "au sein d’un mouvement international de yoga accusé de dérives sectaires".
Fondateur mis en cause pour de multiples faits présumés : viols aggravés (en concours avec plusieurs autres viols commis sur d’autres victimes), séquestration en bande organisée, traite d’êtres humains en bande organisée, abus de faiblesse. On retrouve toujours les mêmes accusations qui, pour réemployer les termes de Les Jours, sous-entendent effectivement une forme de domination "patriarcale", qui a pour but d'assujettir, psychologiquement, et physiquement.