C’est moi ou cette sortie pue les vestiaires mal aérés post-match de football sous la pluie ? Ou la naphtaline ? On hésite.
Naïvement, on pensait que le sacro-saint monde du ballon rond avait changé depuis les années 1970. On pensait révolu le temps où ce sport était réservé aux hommes, où il fallait presque montrer patte velue, voix grave et chromosome Y bien en place pour avoir le droit de parler hors-jeu sans être regardée comme une erreur de casting. On pensait bêtement que le foot avait fini par comprendre que la moitié de l’humanité n’était pas un bug dans la matrice.
On pensait tout ça, mais on s’est bien trompées. Les hommes (encore eux, oui) sont là pour nous le rappeler régulièrement. Et pas n’importe lesquels, hein, des légendes du sport ! Il y a d’abord eu Daniel Bravo, coupable d’une faute ultra-misogyne sur Gaëtane Thiney. Selon lui, l’ex-star des Bleues parlait "lingerie" dans les tribunes d’un match de mecs. Carton rouge de la part de son employeur, qui l’a suspendu sans attendre.
Pas bravo, monsieur Bravo. Pas bravo non plus à Guy Roux. Bon, on ne va pas jouer les étonnées… Les sorties sexistes, c’est un peu son truc depuis des décennies à l'ancienne figure de l’AJ Auxerre. Mais sa dernière nous a fait dresser les cheveux sur la tête. À 87 ans, il a cru bon de donner son avis sur le foot féminin. Alors qu’on mettrait notre main à couper qu’il ne passe pas ses week-ends devant l’Arkema Première Ligue...
"J’ai beaucoup de respect pour ces jeunes femmes qui pratiquent leur sport favori. Mais si vous me demandez si les rencontres féminines sont spectaculaires, je vous renvoie aux matchs de D1 qui se disputent devant 800 spectateurs", a-t-il commencé auprès de L'Est Éclair. Vous trouvez ses propos lunaires ? Attendez la suite : c’est pire. Selon Guy Roux, la différence entre le foot masculin et le foot féminin tient aux qualités physiques parce qu’ils ne sont "pas faits de la même façon".
Hein, quoi ? "Une femme est faite pour mettre des enfants au monde, avec un bassin plus large. Et le foot n’est pas fait pour les bassins larges. Les meilleures joueuses de foot sont taillées comme les garçons", a-t-il lâché. Un dérapage absolument pas contrôlé ! C’est fou comme certaines sorties sentent encore la pelouse des années Giscard. Celle où l’on continue de penser que les femmes sont un sujet annexe, qu’elles sont plus à leur place dans la cuisine que sur un terrain.
Alors non, on ne demande pas aux anciens du football de devenir des féministes flamboyants. On sait que c’est impossible, surtout pour certains vieux briscards (pour ne pas dire autre chose, restons polies). Mais réduire les femmes à leurs utérus ? Sérieusement ? En 2026 ? C’est pitoyable, n’ayons pas peur des mots, et ça l’était déjà à sa grande époque. C’est hors-temps, carrément hors-jeu, ça mérite une suspension, un carton rouge.
Avec Guy Roux, la VAR de la misogynie s’est excitée.
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