Dominique Blanc balançait les porcs et leurs réflexions misogynes dans cette interview en compagnie de la regrettée Catherine Ceylac, à retrouver ci-dessous via les archives de l'INA. Un entretien bien édifiant, entre confessions et piques douces amères. Où la grande actrice, qui a récemment témoigné contre Jean Rochefort, lequel, de ses propres termes, voulait "la sauter", y dévoile l'étendue d'un système très boys club.
Allant jusqu'à témoigner des remarques bien sexistes subies dans le milieu patriarcal du cinéma français. Il faut dire qu'en plus de quarante ans, Dominique Blanc a connu bien des plateaux, et les mentalités qui vont avec. Malotrus y compris.
Comme lorsqu'elle décoche ceci : "Un homme m'a déjà dit : Vous, vous êtes la pauvre petite moche du cinéma français". A Catherine Ceylac, qui lui demande quel était cet incongru personnage bien à fuir, Dominique Blanc, actrice Césarisée et grande dame de théâtre, répond : un "fou" qui lui a écrit une lettre.
Avec un très grand sourire et une délicatesse dans la voix qui en dit long sur sa personnalité : bien au-delà des mufles et des affreux spécimens qu'elle a pu côtoyer entre deux caméras. D'ailleurs cette grâce qui la caractérise est notamment soulignée, dans les commentaires, par la grande réalisatrice Rebecca Zlotowski, qui y est allée de ses emojis - comme bien des fans de la comédienne, soulignant l'absurdité misogyne de la réflexion épinglée.
En tout cas, c'était bien la chose la plus "méchante" qu'on ait pu lui dire.
Et cette sortie en disait déjà long sur la classe et l'engagement militant de Dominique Blanc. Bien avant certaines révélations concernant des "monstres" du cinéma français.
Dominique Blanc il y a 20 ans déjà dénonçait les porcs et leur attitude désastreuse. Et il y a peu de temps de cela, l'actrice révélait d'ailleurs le comportement sur un tournage d'une légende du cinéma français.
L'espace d'une récente interview auprès de L'humanité, Dominique Blanc dénonce effectivement l'attitude plus que déplacée de Jean Rochefort lors de leur collaboration d'antan sur le film Je suis le seigneur du château de Régis Wargnier, à la toute fin des années 80. Il est question d'agression sexuelle et d'attitude plus que déplacées à son encontre : un baiser forcé, du "rentre-dedans" scabreux.
Dominique Blanc explique à L'humanité que ce tournage était traumatisant pour elle en tant que très jeune comédienne à l'époque, car il représente ses premiers pas en tant qu'actrice, pas encore Césarisée et reconnue. Alors que Jean Rochefort lui a fait comprendre qu'il voulait "la sauter", en la saoulant vraisemblablement, il l'aurait embrassée de force durant une scène. Lisez plutôt : "La caméra tourne, et là, il enfonce sa langue jusqu'au fond de ma gorge. Je suis encore choquée parce qu'il m'a dit juste avant, je ne bouge pas. Régis Wargnier, le metteur en scène, ne fait rien. C'est l'un de mes premiers rôles, je suis tétanisée. Je dis à Régis Wargnier que s'il recommence encore à m'embrasser de force, je quitte le plateau"
A chaque fois que l'actrice a raconté cela lors d'une avant première dans les années qui ont suivi, les spectateurs riaient. Dominique Blanc n'est jamais prise au sérieux. "Si j'en crois ces réactions, c'est normal pour les gens d'agir de cette façon quand on est une jeune comédienne face à un acteur plus âgé, c'est un droit de cuissage. Jean Rochefort voulait me sauter dans un hôtel en Bretagne, il trouvait ça normal"
"Il voulait me sauter et il en était fier, c'était un droit de cuissage à ses yeux", fustige la comédienne. "Sur un tournage, Jean Rochefort la veille d'une scène amoureuse très délicate commande un grand Bordeaux lors d'un déjeuner, il dit qu'il va m'emballer, et je lui fait comprendre au cours de cette conversation que ça n'arrivera pas. Quand il comprend qu'il ne va pas m'emballer, Jean Rochefort me dit : Dominique, vous avez le cul de Marlène Dietrich et la gueule de Peter Lorre"
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