On le dit tout le temps : ce n’est pas la taille qui compte. Et oui messieurs. Et pourtant… Nombreux sont encore les mecs à refuser d’être plus petits que leurs femmes. Et même les femmes ont complètement intériorisé ce stéréotype bien vieillot. D'où le fort taux de contradictions et de paradoxes que ce détail suscite.
On a enquêté sur cet épineux sujet.
La taille peut être l'enjeu de toutes les discordes. Quel que soit le milieu impliqué, oui oui.
Exemple ? La brouille entre Jonathan et Cynthia dans l'émission de téléréalité à succès, Love is Blind France. Monsieur n’accepte effectivement pas que sa femme porte des talons pour aller en soirée, car elle le dépasserait légèrement. Vous avez dit fragilité masculine ?
“Pour moi, le perfect match fait ma taille. Mais dans l’émission j’étais aussi ok d’avoir un partenaire plus petit. En revanche, il fallait qu’il soit confiant, bien dans ses baskets et à l’aise avec l’idée que je sois plus grande. Tout simplement. “, énonce justement l'intéressée, à ELLE. Cynthia de Love is Blind a le mérite de l'honnêteté.
Attendez, c'est loin d'être fini. Les exemples abondent hélas, et dépassent de loin les reality show.
Le Prince Charles, aujourd’hui Roi, surplombait toujours Lady Di sur les photos, souvenez-vous. Twist : ils faisaient la même taille. 1m78. Merci les marches, les choix précis de perspectives et les talonnettes. Certains politiciens bien de chez nous se souviendront de l’astuce ! Clin d'oeil cl'in d'oeil.
Dans la tête des hommes, “la taille” compte, bien souvent, trop souvent. Tout sera toujours une question de centimètres…
Et les écarts de taille de susciter railleries en série quand ils “handicapent” ces messieurs.
Ca vrille parfois au clash bien risible : quand le rappeur Hamza “feat” avec Aya Nakamura (voir le clip de Dale x Therapy), ça se lâche beaucoup trop dans les coms YouTube. Florilège : "Hamza il se fait un hamac avec le soutif de Aya Nakamura", "j'imagine Aya qui a dû se baisser pour faire la bise à Hamza", "Hamza on dirait une pile"
Le pire, c’est qu’à force, ces moqueries très patriarcales se banalisent. Les femmes elles-mêmes finissent par s’y attarder. Jameela Jamil dénonce tout ça sur X. En ces mots : "Pourquoi nous préoccupons-nous de la taille des hommes ? Cette stigmatisation liée à la petite taille des hommes est aussi ridicule que la stigmatisation liée au poids des femmes"
Percutante, controversée, mais toujours honnête : la patte Jamil.
Laquelle poursuit sur le même ton, au risque de faire réagir sur les réseaux sociaux, où ses followers se comptent par millions : "J'ai fréquenté des hommes petits, des hommes gros, des hommes minces, des hommes grands, des hommes musclés. Et je ne m'en souciais pas tant qu'ils étaient marrants",
Une autre femme s’accorde complètement là-dessus : Zendaya. Illustration d'actu, bien sûr.
Tom Holland et Zendaya sont clairement en train de bouleverser les codes du “couple hollywoodien”. Il est loin le temps des scandales et des bad boys. Et la taille y est pour quelque chose. L’interprète de Spider-Man se fiche effectivement de devoir regarder sa dulcinée en contre-plongée. Son regard est toujours admiratif.
Et cela contribue à façonner aux yeux du public une attitude “positive” à deux, idyllique et saine… sans frustrations superficielles. Bon, mais on ne va pas non plus décerner une médaille à un mec qui ne rage pas que sa femme soit plus grande que lui. On a déjà vu exploit plus extraordinaire.
De quoi rappeler ses bons mots de Cécile Duflot (OXFAM), qui a bien connu, hélas, les préjugés made in patriarcat : "Le sexisme nous environne. Un homme se doit d'être grand et protecteur et une femme petite et fragile. Cette assignation est aussi enfermante pour l'un que pour l'autre d'ailleurs"
Surtout que : si l’égalité des sexes se mesurait dans une cabine d’essayage, ça se saurait.