Mon enfant n'obéit pas : je fais quoi ?

Mon enfant n'obéit pas : je fais quoi ?
Mon enfant n'obéit pas : je fais quoi ?
Vous avez tout essayé, mais rien à faire. Votre enfant n'en fait qu'à sa tête. Comment asseoir son autorité sans se transformer en un parent tyrannique ? La psychothérapeute Virginie Bapt donne quelques clés.
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"Finis ton assiette", "Éteins la télé", "File au lit". Au cours de sa vie éducative, un parent va donner beaucoup d'ordres à son enfant. Ce qui, bien sûr, est loin de faire de lui une personne tyrannique.

Seulement voilà, le sens de l'autorité est loin d'être inné chez tout le monde. À fortiori quand il s'agit de son enfant, que l'on a pas forcément toujours envie de rappeler à l'ordre.

Mais que faire quand celui-ci entre dans sa "phase test"- en général aux alentours de l'âge de 3 ans- et que lui faire obéir à des ordres simples s'apparente à un véritable défi ?

Comment éviter le pétage de plomb des enfants, mais aussi des parents ? La psychothérapeute et psychanalyste Virginie Bapt nous donne quelques pistes.

Terrafemina : que se passe t-il dans la tête d'un enfant qui n'obéit pas ?

Virginie Bapt : Si on est sûr qu'il n'y a pas de trouble particulier (défaut d'audition, déficit de l'attention), la première des choses à comprendre est qu'un enfant n'est pas obéissant par nature.

Quand il est tout petit, il est dans une relation fusionnelle avec ses parents. Ensuite, il grandit et il réalise que ses parents ne sont pas qu'à lui. Cette 'séparation', qui arrive généralement avec la compréhension du 'non', va faire naître de la frustration chez l'enfant. Il va alors tester vos limites, ce qui nécessite d'imposer des règles (propres à chaque famille).

Il y a deux types d'enfants : ceux qui obéissent et ceux qui savent que les menaces ne sont pas vraiment réalistes. Si vous lui dites qu'il va être privé de télé pendant deux mois, l'enfant va savoir que vous risquez de ne pas vous y tenir.

Alors que si vous lui dites qu'il sera puni pendant deux jours, ce sera plus réaliste. Il faut savoir dire non à l'enfant et ne pas céder, sinon l'enfant comprend immédiatement que c'est dans son intérêt de continuer à désobéir.

Comment faire valoir son autorité tout en conservant son calme ?

V.B : D'un côté, il y a celui qui fixe les règles et veille à ce qu'elles soient respectées (le parent), de l'autre celui qui va essayer de les transgresser (l'enfant). Ce jeu s'appelle l'éducation. Aux parents de voir comment ils ont envie de jouer.

Le premier principe si on veut que son enfant obéisse, c'est d'être convaincu·e, c'est-à-dire lui demander quelque chose en partant du principe qu'il va le faire. Et s'il n'obéit pas, il ne faut jamais laisser passer. C'est la règle d'or.

Si vous lui dites, 'va dans ta chambre' mais qu'il n'y va pas, levez-vous pour l'accompagner, plutôt que de le laisser filer.

Et que faire si les règles ne sont pas les mêmes à l'école ou chez les autres membres de la famille ?

V.B : S'il y a quelques transgressions à l'extérieur, ce n'est pas très grave. Du moment que l'enfant les comprend au sein de son foyer et qu'il les respecte, il peut sortir de son cadre de temps à autre. Cela ne remet pas en cause sa capacité à suivre les règles.

C'est très important aussi de lui expliquer et de lui montrer pourquoi on instaure certaines règles : lui montrer que c'est pour son bien. Mais pas trop tôt bien sûr, car il faut que l'enfant soit suffisamment âgé pour comprendre !

Comment parvenir à se faire écouter de son enfant lorsqu'il est est survolté ou qu'il pleure ?

C'est un peu compliqué, car il faut intégrer ce que l'enfant peut faire ou pas. S'il est en train de jouer avec ses copains et donc dans un état particulier d'excitation, lui dire stop de manière brutale en s'attendant à ce qu'il s'arrête dans la seconde entraînera très certainement un échec.

Il faut lui laisser le temps de diminuer son intensité d'excitation et respecter son rythme naturel.

Peut-on être autoritaire et bienveillant·e ?

V.B : Bien sûr. Mais il faut bien comprendre que parfois, la bienveillance n'exclut pas la fermeté. Il faut aussi que l'ordre soit extrêmement simple et factuel. Quand vous le donnez, l'enfant doit immédiatement visualiser ce que vous attendez de lui.

En une phrase, cela consiste à bien veiller à ne pas aller au-delà de la capacité de compréhension de son enfant. Si l'enfant ne comprend pas l'ordre, rien d'étonnant à ce qu'il n'obéisse pas. Ça arrive beaucoup plus souvent que l'on croit.

L'ordre 'Range ta chambre' n'est par exemple pas forcément clair, car on peut ranger une chambre de plein de façons différentes. En revanche, si vous lui dites, 'Repose les livres sur ton étagère et débarrasse ton bureau', là c'est clair. Il est plus enclin à le faire, parce que mentalement, il sait où aller.

Idem pour son comportement : au lieu de dire 'sois moins agité', mieux vaut lui dire 'viens t'asseoir cinq minutes à côté de moi pour reprendre ton souffle'. On peut aussi lui montrer ce qu'on attend de lui plutôt que donner des ordres, en faisant les choses ensemble.

Une autre approche efficace et bienveillante consiste à réfléchir avec l'enfant en lui disant : 'Bon alors, qu'est-ce que tu en penses, comment pourrait-on faire pour que tu ranges ta chambre, pour que tu te couches plus tôt ?' etc.

Bien sûr, cela fonctionne à partir d'un certain âge. Mais le but de cette démarche est d'arriver à ce que, plus tard, l'enfant fasse les choses par lui-même sans qu'on ait à lui dire.