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Se faire greffer une moustache pour paraître plus viril : la nouvelle mode en Turquie
Publié le 9 août 2013 à 15:08
La moustache est tout un symbole en Turquie, à un point tel que les hommes au système pileux déficient, et donc dépourvus de belles bacchantes, ont désormais recours à la chirurgie esthétique pour se faire implanter des poils. Car comme le dit un dicton populaire dans le pays : « Un homme sans moustache est comme une maison sans balcon ».
Se faire greffer une moustache pour paraître plus viril : la nouvelle mode en Turquie Se faire greffer une moustache pour paraître plus viril : la nouvelle mode en Turquie


En Turquie, on ne plaisante pas avec la moustache, cet attribut masculin très en vogue dans le pays et au Moyen-Orient. En effet, le manque de poils y serait presque synonyme d’impuissance, au point que les hommes dont la pilosité fait défaut n’hésitent plus à se tourner vers la chirurgie esthétique. Résultat, le marché de la « pilosité faciale » est en plein développement. Dans la seule agglomération d’Istanbul, quelque 250 cliniques ou cabinets privés se livrent une concurrence acharnée.

Parmi les spécialistes qui profitent de cette nouvelle tendance, le docteur Selahattin Tulunay. « Cela fait environ trois ans que je fais des implants de moustaches », a confié à l’AFP l’homme, auparavant spécialisé dans les transplantations de cheveux. « Beaucoup d’hommes sont venus me voir en me disant : "J’ai 40 ans, je suis à la tête d’une grosse entreprise à l’étrange, on ne me prend pas au sérieux, je veux que l’on voie que j’ai des poils". »

La moustache, signe d'appartenance politique

Tout juste trentenaire, Engin Koç a cédé à cette mode. « J’ai voulu ressembler aux anciens Turcs, aux Ottomans, et comme j’ai l’âme assez nostalgique et une admiration pour cette époque, j’ai fait ces implants », raconte-t-il avec fierté. Et d’ajouter : « La moustache est un symbole de virilité turque ». Mieux, elle serait-même un signe d’appartenance politique selon l’anthropologue Benoît Fliche, de l’Institut français d’études anatoliennes d’Istanbul. « Broussailleuse, façon Staline, elle est plutôt l’apanage de la gauche ou des Kurdes. Mince, comme celle du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, elle devient religieuse et conservatrice. Et si elle descend en forme de crocs de part et d’autre de la bouche, elle est alors marquée à l’extrême droite », détaille-t-il.

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Par Marie-Laure Makouke | Rédacteur
Marie-Laure Makouke, rédactrice spécialisée dans les sujets de société sur le site terrafemina.com
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