FIAC 2012 : une tribune pour l'art contemporain de la Caraïbe

FIAC 2012 : une tribune pour l'art contemporain de la Caraïbe
FIAC 2012 : une tribune pour l'art contemporain de la Caraïbe
A l'occasion de la Fiac, qui se tient au Grand Palais à Paris du 18 au 21 octobre, une table ronde s'intéresse à l'art contemporain de la Caraïbe. Une initiative de Claire Richer, communicante diplômée d'HEC et collectionneuse initiée. Elle lance uprising-art.com, la première galerie pour les artistes caribéens.
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Terrafemina : Comment expliquez-vous le manque de visibilité de l’art de la Caraïbe sur le marché international de l’art contemporain ?

Claire Richer : En effet, au cours de mes différentes visites d’expositions, de foires et de biennales d’art contemporain, j’ai toujours été frustrée de ne pas voir d’artistes de ma région (la Martinique, ndlr). Pourtant, je connaissais la richesse de la production artistique de la Caraïbe, qui représente un millier d’îles, des plus petites aux plus grandes, comme Cuba ou la Jamaïque. Je pense que cette absence de visibilité résulte d’une conjugaison de facteurs : manque d’initiatives privées, manque de soutien des collectivités locales et régionales, manque d’intérêt de la presse, etc. En toile de fond subsistent les clichés sur cette région, et justement l’art représente un bon moyen de combattre ces stéréotypes sur la Caraïbe.

Tf : Comment décrire la production artistique contemporaine de la Caraïbe ?

C. R. : Il y a beaucoup de courants et beaucoup d’écoles qui émergent dans cette région. Le marché est incomparable avec le marché mondial, mais 300 artistes sont répertoriés sur le site uprising-art.com, d’après un premier recensement non exhaustif, et une soixantaine d’experts travaillent sur le sujet. Cela prouve que quelque chose se passe. On connaît les grandes références issues de cette région comme Jean-Michel Basquiat, qui vient d’Haïti, le Cubain Carlos Garaicoa qui assiste à notre table ronde le 20 octobre, tout comme Hervé Télémaque (haïtien). Beaucoup de jeunes artistes sont également en train d’émerger. Pour moi, le site uprising-art.com doit permettre de montrer et de promouvoir la diversité des artistes et des œuvres. Il donne une unité de lieu à l’éclatement géographique de la région.

Tf : Ne craignez-vous pas justement les critiques sur une démarche qui met en avant une certaine communauté d’artistes en fonction de leurs origines ?

C. R. : Il est hors de question de coller une étiquette « art de la Caraïbe » sur les œuvres. Les artistes sont indépendants et ils sont très attachés à cette indépendance. On retrouve chez eux tous les courants artistiques de la planète ; j’insiste sur ce point, il n’y a pas de type artistique de la Caraïbe. Je prends simplement comme point de départ le fil conducteur qui les relie, cette origine, proche ou lointaine, de la région de la Caraïbe. Récemment, on a assisté à l’émergence de l’art contemporain chinois, indien, turc, polonais... Ce genre de regroupement, le fait d’être identifié à une région a un sens économique, cette synergie aide à exister sur le marché. C’est ce qui sera expliqué lors de notre table ronde pendant la Fiac.

Tf : Trouvez-vous néanmoins des ressemblances dans le travail ces artistes ?

C. R. : Oui, je crois qu’on retrouve toujours quelque chose qui ressort sur cette origine, comme des signes de leur histoire.

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Augustin Bejarano, artiste cubain.
"Cette oeuvre traite merveilleusement bien le caractère infiniment petit de l’homme dans l’immensité de univers ;  ici seul au bout du quai, face à l’immensité de l’océan."

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Henri Guedon, Martinique, Suavecito, technique mixte sur toile
"J’aime cette œuvre moderne et puissante, qui affirme son identité tout en dépassant les frontières."

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Niels Reyes, Cuba, 2012, Le Jeune Homme.

Voir le site de uprising-art.com

Crédit photo : Thomas Troadec

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