La photo polémique du "crucifix trempé dans l'urine" vandalisée à Avignon

La photo polémique du "crucifix trempé dans l'urine" vandalisée à Avignon
La photo polémique du "crucifix trempé dans l'urine" vandalisée à Avignon
Deux clichés de l’artiste afro-cubain Andres Serrano ont été détruits dimanche dans le musée d’Avignon. Ces œuvres, datant des années 80, avaient été très vivement critiquées par la communauté catholique, notamment le cliché intitulé « Immersion Piss Christ », qui représentait un crucifix trempé dans de l’urine.
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Les faits se sont déroulés dans les locaux de la collection d’art contemporain Yvon Lambert. Les deux clichés de l’artiste, « Immersion Piss Christ » et « Sœur Jeanne Myriam » ont été vandalisées par deux visiteurs munis d’un « marteau et d’un objet contondant, du type pic à glace ou tournevis », selon la direction de la collection.

Trois gardiens du musée ont tenté de s’interposer, mais ont été molestés et menacés. Ces œuvres réalisées par Andres Serrano, qui se dit être chrétien, avaient suscité de vives protestations dans la communauté catholique, notamment du côté des intégristes.

Le cliché « Immersion Piss Christ » représentant un crucifix trempé dans de l’urine, avaient déjà subi des attaques auparavant, notamment en Australie en 1997. Une pétition avait même été lancée sur Internet par l’institut « Citivas », qui se présente comme « une œuvre de reconquête politique et sociale visant à rechristianiser la France ». Le président du groupe, Alain Escada, avait expliqué sur France 3 que cette œuvre montrait « le Christ dans une situation complètement scandaleuse, irrespectueuse ». Selon lui, « le fait de placer ce crucifix dans un bac d’urine » relève véritablement d’une « offense sacrilège vis-à-vis de Dieu et des catholiques ».

Le directeur de la collection qui exposait l’œuvre, Eric Mézil, a déclaré avoir reçu 30 000 mails d’intégristes et être persécuté au téléphone depuis le lancement de cette pétition. Cet acte de vandalisme a été unanimement condamné par le monde politique et culturel.

Le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, a condamné dimanche soir une « atteinte à un principe fondamental, la présentation de ces œuvres relevant pleinement de la liberté de création et d’expression qui s’inscrit dans le cadre de la loi ». L’ancien ministre de la Culture, Jean-Jacques Aillagon, s’est dit « extrêmement choqué » par ces destructions.

L’observatoire de la liberté de création a rappelé, dans un communiqué, qu’il appartenait au public de « juger les œuvres, pas aux censeurs autoproclamés ». Par ailleurs, la direction du musée a indiqué que les œuvres détruites seraient exposées telles quelles, dès la réouverture du musée, mardi matin.

Source : France 2

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