Layar : la réalité augmentée réconcilie print et web

Layar : la réalité augmentée réconcilie print et web
Layar : la réalité augmentée réconcilie print et web
Dans cette photo : François Hollande
Imaginez la pin’up en couverture de Voici qui se met à vous raconter son week-end. Layar, une nouvelle application révolutionnaire, permet à n’importe qui d’ajouter une couche de réalité augmentée à un objet réel. Ce qui était réservé aux développeurs incompris s’ouvre au commun des internautes, et aux éditeurs qui peuvent enfin donner vie au papier froid du magazine.
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La société Layar, créée en 2010, avait déjà fait parler d’elle en remportant le prix Netexplo pour sa plate-forme d’applications de réalité augmentée. La start’up néerlandaise avance, portée par Claire Boonstra, cofondatrice inspirée et élue « Young Global Leader » par le World Economic Forum, en janvier dernier. La réalité augmentée « première génération » permettait d’afficher du contenu digital sur un écran en le confrontant à un lieu, par géolocalisation. Mais la technique du GPS était insuffisante pour séduire réellement les utilisateurs de smartphones, constate Claire Boonstra, « nous avons mis au point la technologie « computer vision » qui permet au téléphone de reconnaître ce que nous sommes en train de regarder », d’où la possibilité « d’augmenter » tout objet ou image avec du contenu digital. L’invention ouvre la voie à une multitude d’applications…

Démo

Pour comprendre l’impact que « Layar Creator » peut avoir sur la presse telle qu’on la connaît, il faut commencer par la démonstration. Un écran de smartphone passe au dessus d’une couverture de magazine, une pression et François Hollande en couverture peut se mettre à parler, ou la photo se démultiplier en diaporama. En feuilletant les pages mode d’un féminin, on peut craquer illico sur une veste, elle apparaît à l’écran en 1 seconde, elle est achetée en 1 minute.

Démonstration Layar en vidéo


Une stratégie digitale dirigée sur le print

Claire Boonstra, 30 ans, lance ainsi Layar sur un terrain on ne peut plus en attente d’innovations digitales, « les magazines et titres de presse sont des marques fortes et les lecteurs y sont attachés, malgré tout nous sommes désormais habitués à cliquer, liker, envoyer instantanément ». En effet qui n’a jamais pris en photo une page du Elle pour l’envoyer à un proche voire pour la poster sur Facebook ? Ainsi les différentes versions mobiles ou applications de ces titres ont à peine fait fléchir les ventes hebdomadaires des magazines, « il fallait une stratégie digitale profondément liée au print », estime Claire Boonstra. Avec cet outil, l’éditeur peut rendre ses pages interactives par lui-même, et de façon ultra simple.

Comment ça marche ?

Tout éditeur, et même tout internaute, peut décider d’ajouter une couche digitale à une image, un objet, une couverture de livre, ou de magazine. Il doit d’abord télécharger l’application Layar (gratuite) sur son smartphone ou sa tablette. Il s’inscrit ensuite sur le site layar.com, et crée sa campagne de réalité augmentée sur une ou plusieurs pages du titre. Chaque page sera uploadée sur le site, et désormais reconnaissable par l’appli mobile Layar. Il n’y a plus qu’à incorporer les couches digitales en ajoutant autant de boutons que d’options : voir la vidéo, acheter maintenant, appeler le service client, partager, liker ou twitter…

Ce self service digital a déjà séduit quelques grands éditeurs allemands et hollandais, dont le plus lu des féminins néerlandais, Linda Magazine : « 50% de ses pages sont enrichies en réalité augmentée », se félicite C. Boonstra. Pour les pros l’appli est gratuite jusqu’au 1er août, ensuite le tarif par page sera de 15€ ou 1000 € pour 100 pages. Pour les médias en quête de modèle économique, ce genre d’application ouvre une voie royale pour se lancer dans le e-commerce, et transformer la lectrice fidèle en e-shoppeuse compulsive.

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