Journées mondiales sans portable : Ne dites plus « nomophobie » mais « adikphonia »

Journées mondiales sans portable : Ne dites plus « nomophobie » mais « adikphonia »
Journées mondiales sans portable : Ne dites plus « nomophobie » mais « adikphonia »
Alors que les trois journées des 6, 7 et 8 février s’achèvent, Phil Marso, leur fondateur, a tenu à faire le bilan et mettre les choses au point sur Terrafemina. Origines de l’opération, objectif, retombées…, l’auteur du premier livre écrit en langage SMS fait le point.
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Journée mondiale sans portable : êtes-vous nomophobe ?

A l’origine, je suis auteur de romans policiers humoristiques. Il y a plusieurs années, j’avais écrit « Tueur de portable sans mobile apparent », le premier roman dont le téléphone mobile était le héros. L’intrigue mettait en scène un tueur invisible qui s’attaquait au personnes possédant un téléphone portable. C’est ainsi que j’ai eu l’idée de cette journée de réflexion autour des nouvelles utilisations de cet objet.


En 1999, j’ai donc décidé de monter ce projet, choisissant la date symbolique du 6 février, St Gaston, parce que « Gaston y’a l’téléfon qui son et y’a jamais person qui répond ». Loin de partir en croisade contre le mobile, je souhaitais davantage qu’on prenne le temps, durant cette journée de « grève du portable », de réfléchir à l’évolution de notre quotidien autour de l’utilisation que nous faisons du portable. Trouvant qu’une journée n’était pas suffisante, j’ai décidé en 2004 de la compléter par deux jours supplémentaires.

Chaque édition est placée sous un thème particulier. En 2002, par exemple, nous avons axé notre réflexion autour de la santé, sous le slogan « Moins de 2 minutes avec mon portable, c'est sans prise de tête pour mes neurones ». En 2003, nous nous sommes interrogés sur l’utilisation du portable par les automobilistes. Cette année, je souhaiterais qu’on cesse d’utiliser le terme de « nomophobie », qui sonne comme « homophobie » ce qui, par les temps qui courent, ne me plaît absolument pas ! J’ai réfléchi à un nouveau terme et propose donc de le remplacer par « adikphonia » : « adik » pour « addiction » et « phonia » (et non « phonie ») en référence aux maladies.

Personnellement, je possède un portable (et pas un smartphone !) que j’utilise uniquement lorsque je suis en province. A Paris, où je gère une boutique de livres d’occasion, j’ai un téléphone fixe dans ma boutique ainsi qu’un ordinateur connecté, tout comme à mon domicile, ce qui me semble amplement suffisant. L’addiction créée, à mon sens, par les différents acteurs de l’économie moderne, entraîne une dépendance croissante chez l’utilisateur. Que fera-t-on, par exemple, lorsque notre portable nous servira à la fois à valider notre titre de transport, à payer dans les magasins, à joindre nos proches grâce à des numéros préenregistrés que l’on ne connaît plus par coeur, et qu’on l’égarera...? Pensez à la coupure Orange d’il y a quelques mois, et à la panique qu’elle a suscitée…

L’année prochaine, notre axe de réflexion tournera vraisemblablement autour du SMS.

En attendant, vous pouvez télécharger gratuitement jusqu’au 8 février 2012 minuit « Adikphonia, le livre numérique » de Phil Marso dans lequel il recense plus de dix ans de pratique de la téléphonie, et donne des conseils pour lutter contre l’addikphonia de façon romancée et sur un ton humoristique, ainsi qu’il aime à partager ses réflexions. Bonne lecture !

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