Festival du Grand Reportage : « Les journalistes sont contraints d'aller chercher l'information à la source »

Festival du Grand Reportage : « Les journalistes sont contraints d'aller chercher l'information à la source »
Festival du Grand Reportage : « Les journalistes sont contraints d'aller chercher l'information à la source »
Le 21 mars, le Festival International du Grand Reportage d'Actualité et du Documentaire de Société (FIGRA) posait ses valises au Touquet Paris-Plage. Pour sa 19e édition, baptisée « Les écrans de la réalité », le FIGRA offre une rétrospective complète et en images, des évènements ayant marqué l'année écoulée. Georges Marque-Bouaret, fondateur et délégué général du FIGRA, nous en dit plus…
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Terrafemina : En quoi consiste ce Festival du Grand Reportage ?

Georges Marque-Bouaret : Le Festival International du Grand Reportage d’Actualité et du Documentaire de Société (FIGRA) est un rendez-vous culturel et audiovisuel incontournable rendant hommage aux réalisateurs, reporters, journalistes et documentaristes. Dans le cadre de cet événement, les meilleurs reportages de l’année écoulée (de novembre 2010 à novembre 2011) sont sélectionnés puis présentés à des jurys de professionnels présidés, pour cette 19e édition, par Lise Blanchet (Rédactrice en chef adjointe de Thalassa, France 3), Patrick de Saint-Exupéry (Rédacteur en chef de la Revue XXI) ou encore Isabelle Horlans (déléguée régionale de France 3 Nord-Pas-de-Calais). Cette année, 72 films sont en compétition dans différentes catégories parmi lesquelles la compétition internationale de plus de 40 minutes, la compétition internationale de moins de 40 minutes, la section « Autrement Vu » qui décernera un prix du public et « Terres d’Histoire ».
L’objectif de ce festival ouvert au grand public est également de diffuser des reportages à l’origine réalisés pour la télévision, dans les mêmes conditions que s’ils l’avaient été pour le cinéma, et donc, sur grand-écran. C’est également un moment d’échange privilégié entre les professionnels et le public, chaque projection étant suivie d’une séance de questions réponses ou d’un débat. Les réalisateurs et journalistes affectionnent d’ailleurs particulièrement ces discussions car ils n’ont que très rarement l’occasion de partager leurs impressions, les émotions qu’ils ont voulu transmettre par leurs images ou simplement d’aller à la rencontre du public.
Une vingtaine de films sont ainsi proposés chaque jour et, pour les accros, ou ceux qui n’auraient pas pu voir un film en particulier, ils sont tous disponibles à la vidéothèque du festival. Le FIGRA est une manifestation très conviviale et qui rencontre un certain succès. Pour preuve, chaque année, ce sont 20 000 visiteurs en moyenne qui font le déplacement.

Tf. : Quels sont les points forts de cette édition ?

G. M-B. : Pour cette 19e édition, nous avons décidé de communiquer davantage sur les discussions organisées que sur les reportages qui seront diffusés. Il y aura donc un grand débat sur le thème de la présidentielle 2012. Ce dernier analysera la manière dont les médias traitent l’actualité et comment les sondages d’opinions influencent les journalistes. Le grand public aura également l’opportunité de rencontrer Hervé Ghesquière, grand reporter pour France Télévision, ainsi que des écrivains ayant récemment publié des ouvrages traitant d’un sujet d’actualité.
L’exposition « La Bataille de la place Tahrir », du photographe-reporter Alain Buu, sera par ailleurs présentée. Cette dernière propose une rétrospective de l’un des événements majeurs ayant bousculé le monde arabe en 2011. Enfin, des comédiens déambuleront dans les allées du festival, partageant, au gré de leurs rencontres, leur vision de l’actualité.
Avec ces initiatives parallèles, le FIGRA cherche à inviter le visiteur à porter un regard différent sur les reportages, documentaires et d’une manière générale, sur les informations vues à la télévision. Nous voulons ouvrir un maximum de fenêtres sur le monde. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les films choisis, outre le fait d’avoir été réalisés par des journalistes engagés, sont porteurs d’une thématique précise.

Tf. : Le grand reportage a subi plusieurs pertes depuis le début de l’année. Un hommage particulier sera-t-il rendu aux reporters décédés dans l’exercice de leur métier ?

G. M-B. : Nous n’avons pas prévu d’hommage au sens traditionnel du terme mais nous aurons, bien évidemment, une pensée toute particulière pour eux. L’association Reporters Sans Frontières, qui milite depuis plusieurs années pour la sécurité des journalistes quelle que soit la zone où ils se trouvent, interviendra pendant le festival et abordera le thème des dangers auxquels s’exposent les professionnels au nom de la liberté d’informer. De même, Hervé Ghesquière, reporter retenu en otage en Afghanistan pendant un an et demi de décembre 2009 à juin 2011, reviendra sur les fausses allégations qui avaient fait de lui une tête brûlée au moment de son enlèvement.
Le grand public doit prendre conscience que les journalistes sont contraints d’aller chercher l’information à la source. A défaut, les journaux, radios, télévisions ou sites Internet ne divulgueraient que les seules informations officielles, et souvent fausses, que les dirigeants des régions politiquement instables acceptent de fournir pour servir leurs intérêts. Nous reviendrons donc sur les événements tragiques qui ont coûté la vie à Gilles Jacquier, Rémi Ochlik et Marie Colvin, notamment, mais il s’agira plus d’aborder la thématique que de rendre un hommage personnalisé.

Le site Internet du FIGRA

Crédit photo : Maïté Pouleur/FIGRA/Georges Marque-Bouaret

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