D8 : Pulvar, Bost, Trierweiler - Comment traiter l'actu quand on est au cœur de l'actu ?

D8 : Pulvar, Bost, Trierweiler - Comment traiter l'actu quand on est au cœur de l'actu ?
D8 : Pulvar, Bost, Trierweiler - Comment traiter l'actu quand on est au cœur de l'actu ?
Dans cette photo : Audrey Pulvar
Le 7 octobre prochain, la nouvelle formule de la chaîne Direct 8, rebaptisée D8 pour faire plus « wok'n'wol », fera sa rentrée très attendue. La conférence de presse, qui a eu lieu il y a quelques semaines, a d'ores et déjà donné le ton de cette chaîne très Canal ; du rire, de l'impertinence, un esprit décalé et surtout... des stars. En témoigne l'émission phare de la chaîne, « Le Grand 8 », talk-show 100% féminin chapeauté par une Laurence Ferrari « méconnue, piquante et spontanée » entourée de quatre « amazones (...) dont les aspérités réunies devraient faire des étincelles ».
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Roselyne Bachelot
, ancienne ministre et actrice lacrymale post-tragédie du bus de l'Équipe de France, Hapsatou Sy, self-made woman et accessoirement jury M6 de « L'inventeur de l'année », Élisabeth Bost, journaliste belle & zen et protagoniste malheureuse de la succession Delarue et enfin Audrey Pulvar, qu’on ne présente plus : ce sont les quatre amazones « toutes aussi libres dans leurs pensées que dans leurs paroles », qui se retrouveront du lundi au vendredi à 12h15 pour « Le Grand 8 ». « Aucun sujet n'échappera aux tirs croisés de cette bande de complices qui, c'est promis, laisseront au vestiaire leur panoplie de professionnelles des médias ou de businesswoman pour laisser parler, tout simplement, la citoyenne qui sommeille en chacune d'elles », nous promet la page officielle de l’émission. Quant à notre Laurence - enfin notre nouvelle Laurence - qui, à la conf' de presse, arborait une robe rose pétard en hommage à sa nouvelle best friend Roselyne, elle assure au Figaro qu’il s’agira d’une « bande de copines mais qui discutent des sujets d'actualité [et qui porteront] un regard sur la politique, l'économie, les people, la musique… ».

Tous ces bons sentiments et cette bande de super copines reconstituée à la L5 (« mais si on vous jure, on se connaît depuis 2 jours mais on est hy-per complices !), c’est bien gentil, mais le bât blesse, vous l’aurez compris. Les people ? La politique ? Librement ? Admettons que l’émission soit diffusée pour la première fois aujourd’hui. Quels sont les sujets qui font l’actu, et dont nos amazones papoteraient le cœur léger ? Florange ? Mmh… J’entends d’ici Audrey Pulvar sortir l’artillerie lourde afin de répondre à ma perfide attaque. « C’est parce que je suis une femme que vous dites ça ? Comment, je ne peux pas juger l’action du gouvernement sans qu’on m’accuse de vassalité vis-à-vis de mon illustre compagnon ? » En fait non, pas parce que vous êtes une femme, Audrey mais bien, et on en a déjà parlé maintes fois, parce que votre compagnon est au cœur de l’actu, comme vous l’êtes vous-même souvent (une double page dans le Technikart de cette semaine, un passage chez « C à vous » mercredi où vous avez évoqué vos « problèmes de management » supposés aux Inrocks, l’affaire Pigasse, dont vous êtes une des trois protagonistes… devons-nous continuer ?).

Autre grand sujet d’actu, puisqu’il a fait la quasi-totalité des couv’ de presse écrite cette semaine et celle qui l’a précédée : l’affaire dite Delarue. Closer, Voici, Ici Paris et consorts ont évidemment couvert la guerre familiale mais le JDD, Paris Match et l’ensemble de la presse en ligne (dont Le Monde, L’Obs et tous les fiers à bras) ont également croqué leur part du gâteau. Parmi les personnages mis en scène dans cet imbroglio familial dont tout Le Monde parle : Élisabeth Bost, mère du fils unique de Jean-Luc Delarue (en couverture de Voici cette semaine). Qu’adviendrait-il donc si nos cinq copines devaient débriefer de l’actu du jour ? Décideraient-elles sciemment d’écarter tous ces sujets populaires pour ne pas gêner, peiner ou froisser leurs deux interlocutrices ? Auquel cas, elles devraient avoir le plus grand mal à remplir leur grille quotidienne, leurs conversations et surtout leurs objectifs d’audience avec la Syrie et le Mediator…

Laurence Ferrari, pas à une contradiction près, a commenté dans une interview au Figaro la décision de Valérie Trierweiler de ne finalement pas animer d’émission sur Direct 8 (sujet qui sera débriefé par « les copines » dès lundi !) : « la femme d'un chef d'État qui présente une émission sur une chaîne privée, cela crée évidemment un trouble. En renonçant, c'est un très bon signal qu'elle envoie. Il est normal qu'elle puisse travailler et gagner sa vie, mais en télévision, cela aurait créé un trouble. » Soit, mais pourquoi celle du chef de l’État et pas celle d’un membre du gouvernement alors ? Et quid de Pulvar qui avait immédiatement quitté le 6/7 de France Inter après la nomination d’Arnaud Montebourg, pour revenir papoter actu à 12h15 ?

Le débat des journalistes compagnes ou compagnons des politiques n’en finit plus de faire couler l’encre ou bruisser les claviers depuis Christine Ockrent mais dans Le Grand 8, il s’agit davantage de femmes qui prennent part à l’actu (et non qui la vivent par procuration « passive » en tant que compagne), actu dont elles devront débattre en toute neutralité.

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