Le "Bachelor" de NT1, une émission sexiste ?

Le "Bachelor" de NT1, une émission sexiste ?
Le "Bachelor" de NT1, une émission sexiste ?
Dans cette photo : Justin Bieber
Après Olivier et Steven, et quelques années en stand-by, le Bachelor est revenu squatter nos écrans depuis quelques semaines. Cette année, c’est Adriano qui, chaque lundi soir, distribue ses roses rouges aux prétendantes les plus méritantes de son harem. Sexiste, le Bachelor ?
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Oui !

Que dire d'une émission dont le concept consiste à sélectionner une dizaine de femmes célibataires puis de les « offrir » à un bellâtre en rut qui, selon ses propres termes, aime « le jeu et […] les filles » ?

Il semble en effet assez étonnant qu'en 2013, personne ne s'offusque plus que ça de ce harem hystérique attendant patiemment qu'Adriano, « gentleman » célibataire, daigne leur accorder un peu de son temps afin qu'elles lui « prouvent » qu'elles « méritent » un peu plus de son attention. « Quand plusieurs femmes entrent en compétition pour un seul homme, l'aventure peut prendre un tour imprévisible », nous assène même la voix off, en toute décontraction, ajoutant que les jeunes femmes sélectionnées n'ont « qu'une idée en tête, faire chavirer le cœur du gentleman célibataire ». Ben voyons.

Quant à Adriano, le latin décomplexé du sexisme, il tient la méritocratie en haute estime. Pour preuve, son remontage de bretelles de soutif à Maud, une prétendante jugée pas assez motivée pour le poste en or qu'on lui propose (objet sexuel du beau gosse), qu'il n'hésite pas à menacer avec un grand naturel : « Si tu continues à t'endormir, on verra ce qui se passe... » Tadadam.

En attendant que la candidate prenne conscience de son attitude inqualifiable, Adriano pécho à tout va, dans la piscine, sur le bateau… avant que ladite Maud, recadrée, ne succombe et « s'ouvre » enfin aux caresses buccales du bel hibérique sur un moelleux canapé. Point commun des élues ? Un physique de bimbo. On ne se refait pas.

Oui et non...

Et quid de Marine, « la belle et ses princes charmants » ? Ou encore de Marjolaine et les millionnaires, celle qui rendait Greg « tout dur de partout » ? Et la Bachelorette, alors ? Franchement, qui s'en souvient ? Il semble que, pour qu'il soit envisageable d'intéresser un public mâle autant que féminin avec un tel concept inversé, il faille y ajouter une touche de sexisme inodore. Marjolaine ? Forcément attirée par des hommes qui ont de l'argent. Heureusement, la prod', qui l'aura leurrée, tentera de lui apprendre que la vraie richesse d'un homme se trouve ailleurs (merci, la prod'). Quant à la gentille Marine, on lui aura collé une horde de messieurs au physique disgracieux avant de lui soumettre la tentation ultime en lui proposant de gentils décérébrés body-buildés. Alors, Marine, moche et intelligent ou beau et con à la fois ?

La faute aux prétendantes ?

Non, ce qui est le plus choquant, dans le concept même du Bachelor, c'est l'attitude soumise de ces jeunes femmes plutôt jolies, s'extasiant avec l'hystérie de prépubères fans de Justin Bieber sur ce mâle Graal de leur « aventure » télévisuelle. Livia, la préférée de notre homme (italienne, brune, 1,80m, moulée dans un fourreau rouge fendu jusqu'au nombril), désespérée qu'une certaine Déborah passe la soirée avec Adriano, soupirera même, résignée : « Je suis quasi persuadée que ce soir, il va embrasser Déborah ». Ce qu'il fera effectivement (« Moi j'embrasse les filles, c'est mon côté sédoucteur ». Ah…).

Pour reconquérir sa place de favorite, la belle Livia choisira d'extraire un petit mot doux de sa volumineuse poitrine puis de le glisser langoureusement dans la poche del hombre.

Car Livia l'a bien compris, si elle n'est pas à la hauteur, elle n'aura pas sa rose. Et elle ne pourra s'en prendre qu'à elle-même. Pas vrai ?

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