Goldman, les Enfoirés, Attali et son plagiat : quand le boss tacle l'ancien conseiller de François Mitterrand

Goldman, les Enfoirés, Attali et son plagiat : quand le boss tacle l'ancien conseiller de François Mitterrand
Goldman, les Enfoirés, Attali et son plagiat : quand le boss tacle l'ancien conseiller de François Mitterrand
Dans cette photo : Jean-Jacques Goldman
Quinze ans qu'on n'avait pas vu Jean-Jacques Goldman à la télévision. il aura fallu la polémique autour de la dernière chanson des Enfoirés sur "les jeunes", et un tacle violent de Jacques Attali à leur encontre pour que "le boss" recadre médias et assaillant dans une séquence culte diffusée le 4 mars dans "Le Petit Journal".
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Réacs, les Enfoirés, et l'auteur de "Toute la vie",  leur dernière chanson, soit Jean-Jacques Goldman, l'une des personnalités préférées des Français ? C'est en tous cas la question qui brûlait toutes les lèvres et les claviers ces derniers jours, au cours desquels la polémique a enflé.

Partie d'un billet de blog de Guillaume Natas, lequel s'en "branle le cul" des Enfoirés, donc, puis d'une reprise par le média online Madmoizelle, la "polémique" a pris aussi rapidement que savent le faire ce type de micro-prises de choux 2.0, d'autant que taper sur les Enfoirés, ça faisait bien longtemps que ça démangeait manifestement tout le monde. Vieux richards donneurs de leçon seulement habités par le désir de faire leur auto-promo dans des concerts de dizaines de milliers de personnes, milliardaires profiteurs du malheur d'autrui, vieux jeunes déconnectés... la troupe en a pris pour son grade.

Tentant dans un premier temps d'apaiser les tensions, Jean-Jacques Goldman y était allé de son petit communiqué pour préciser que non non, son intention n'était nullement de stigmatiser une jeunesse fainéante :

"C’est une chanson dans laquelle des adolescents reprochent aux générations qui les ont précédés l’état du monde qu’ils leur laissent : pollution, chômage, violence, dette, misère (c’est un sujet qui n’est pas si fréquent…).
Les Enfoirés jouent le rôle des adultes qui leur répondent comme trop souvent : en se dédouanant et avec mauvaise foi, mais en espérant qu’ils feront mieux.
Le fait que la jeunesse nous demande des comptes me semble la moindre des choses.
Le fait que la chanson se termine en faisant confiance à l’avenir aussi.
Jean-Jacques Goldman. »

>> Emmanuel Moire n'aime pas la chanson polémique <<

Las, le feu a malgré tout continué à progresser, attisé par un acteur inattendu, en la personne de Jacques Attali, venu cracher sur la tombe des héritiers de Coluche en un tweet assassin :

Un "monument de vulgarité" les Enfoirés ? Allons bon...

Dans la journée d'hier, deux gros poids lourd sont venus éteindre ce feu devenu fou. Jamel Debbouze le matin sur Europe 1, en faisant part de son effarement, soulignant l'utilité des dons récoltés, et l'inconscience de ceux qui voudraient enrayer la machine pour quelque raison que ce soit.

"La vulgarité, c'est de plagier un livre ?"

En fin de journée, on annonçait Goldman dans Le Petit Journal de Yann Barthès, sans y croire vraiment. Pourtant, peu après 20h30, c'est dans un sketch d'Eric et Quentin, les trublions du programme, que l'idole des Français a pris la parole après quinze ans de diète médiatique. Avec un second de degré et une autodérision aussi inattendue que réjouissante, le boss a pointé du doigt les incongruités de la polémique, dont il a avoué qu'elle l'avait touché, et taclé au passage l'ancien conseiller de François Mitterrand.

"Quand Jacques Attali dit que les Enfoirés sont un monument de vulgarité, ça vous touche ?" a demandé Quentin, ajoutant : "Vous savez ce que c'est, la vulgarité ?". Et Goldman de répondre, l'air de rien : "Je sais pas, moi, de plagier un livre ?", faisant ainsi référence aux accusations de plagiat dont fut l'objet Attali dans les années 80 à la sortie de son Verbatim. A l'époque, celui-ci avait en effet assisté à des entretiens entre Mitterrand et le Prix Nobel de la Paix, Elie Wiesel, avant d'en reprendre 43 extraits dans son livre non sans avoir changé les lieux et les dates. A l'époque, Wiesel avait déploré ces empreints dans les colonnes de Libération.

Plus tard, dans L'Histoire du temps paru chez Fayard, certains avaient cru reconnaître des empreints à Vernant et Jünger, avant que la maison d'édition ne fasse amende honorable pour son auteur "certes génial mais fâché avec les guillemets".

Une petite piqûre de rappel, donc, du vulgaire à l'emprunteur. Goldman 1 - Attali 0.

Et pour revoir la séquence, c'est là :

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