"L'amitié hommes/femmes, c'est un peu contre-nature", théorise Michel Houellebecq face à Frédéric Taddéi, et ça en dit long sur sa littérature
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"L'amitié hommes/femmes, c'est un peu contre-nature", théorise Michel Houellebecq face à Frédéric Taddéi, et ça en dit long sur sa littérature
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L’amitié hommes/femmes, un mythe ?
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C’est ce que se demande Frédéric Taddéi, faussement candide face à un Michel Houellebecq à l’entrain très caractéristique. Le romancier hexagonal, maintes fois accusé de racisme et de misogynie, rétorque au journaliste controversé avec un certain sens de la mesure. Ou pas. Mais certainement faut-il y voir une forme d’ironie, ou plutôt de sarcasme, sa littérature n’en manquant pas, de ses poèmes à ses romans. Ni ses interviews où provocations lunaires et réflexions désabusées s’amoncellent depuis plus de 20 ans. Il faut dire qu’un tel sujet n’a rien d’anodin.
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L’écriture de la masculinité est absolument centrale aux romans de Michel Houellebecq - solitude, dépression, célibat, misanthropie, tristesse existentielle, peur de l’autre, détestation infinie de soi - mais tout autant, celle de la féminité, jamais exempte d’un propos qui ne risque clairement pas de susciter l’enthousiasme des militantes féministes - au mieux auréolé d’une vision romantique et très traditionnelle de la femme aimante, aidante, vision que d’aucuns qualifieraient de réactionnaire, et dans la plupart des descriptions, vouée au mépris, ou hyper sexualisée. Poser une telle question au poète et chanteur, polémique à souhait, c’est l’interroger sur sa vision du genre humain et des relations.
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Michel Houellebecq résout les doutes de Frédéric Taddéi, son intervieweur d’un jour, dans les pages du dernier numéro du magazine Marianne, en l’abreuvant de son point de vue sur l’amitié hommes/femmes : “C’est un peu contre nature…”, dit-il. Ajoutant : “C’est un peu contre-nature, mais ça existe”. L’auteur croit bien davantage à l’amour qui unit les hommes et leurs animaux de compagnie - il a dédié des poèmes à son propre chien, Clément, et a déjà fait partie du jury littéraire du Prix 30 millions d’amis.
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C’est l’amour d’un chien, et plus globalement, d’un animal, envers son maître, que le romancier chérit : "On peut s'attacher énormément à un animal domestique, et ça, c'est encore plus violent, quand il disparaît. On sait parfaitement que cela va arriver". A un Frédéric Taddéi caustique, il énonce encore, à demi rigolard (dans son genre) : “Cela étant, l’amitié entre les hommes, de manière globale, ça a plein d’inconvénients. Entre autres : les gens meurent. Supposons que l’on ait un ami, et bien, il peut mourir, ça arrive”. Une amitié à laquelle l’auteur semble croire davantage que celle qui pourrait unir femmes et hommes. La littérature de Michel Houellebecq est celle de la solitude masculine.