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"L'amitié hommes/femmes, c'est un peu contre-nature", théorise Michel Houellebecq face à Frédéric Taddéi, et ça en dit long sur sa littérature
Publié le 11 mars 2026 à 11:04
Michel Houellebecq assène quelques prises de parole volontairement clivantes auprès de Frédéric Taddéi, dans le cadre d’une interview pour Marianne, en pleine promotion de son nouvel album. Comme sa “théorie” sur l’amitié hommes/femmes.
"L'amitié hommes/femmes, c'est un peu contre-nature", théorise Michel Houellebecq face à Frédéric Taddéi, et ça en dit long sur sa littérature
"L'amitié hommes/femmes, c'est un peu contre-nature", théorise Michel Houellebecq face à Frédéric Taddéi, et ça en dit long sur sa littérature L’amitié hommes/femmes, un mythe ? C’est ce que se demande Frédéric Taddéi, faussement candide face à un Michel Houellebecq à l’entrain très caractéristique. Le romancier hexagonal, maintes fois accusé de racisme et de misogynie, rétorque au journaliste controversé avec un certain sens de la mesure. Ou pas. Mais certainement faut-il y voir une forme d’ironie, ou plutôt de sarcasme, sa littérature n’en manquant pas, de ses poèmes à ses romans. Ni ses interviews où provocations lunaires et réflexions désabusées s’amoncellent depuis plus de 20 ans. 

Il faut dire qu’un tel sujet n’a rien d’anodin. L’écriture de la masculinité est absolument centrale aux romans de Michel Houellebecq - solitude, dépression, célibat, misanthropie, tristesse existentielle, peur de l’autre, détestation infinie de soi - mais tout autant, celle de la féminité, jamais exempte d’un propos qui ne risque clairement pas de susciter l’enthousiasme des militantes féministes - au mieux auréolé d’une vision romantique et très traditionnelle de la femme aimante, aidante, vision que d’aucuns qualifieraient de réactionnaire, et dans la plupart des descriptions, vouée au mépris, ou hyper sexualisée. Poser une telle question au poète et chanteur, polémique à souhait, c’est l’interroger sur sa vision du genre humain et des relations. Michel Houellebecq résout les doutes de Frédéric Taddéi, son intervieweur d’un jour, dans les pages du dernier numéro du magazine Marianne, en l’abreuvant de son point de vue sur l’amitié hommes/femmes : “C’est un peu contre nature…”, dit-il. 

Ajoutant : “C’est un peu contre-nature, mais ça existe”. L’auteur croit bien davantage à l’amour qui unit les hommes et leurs animaux de compagnie - il a dédié des poèmes à son propre chien, Clément, et a déjà fait partie du jury littéraire du Prix 30 millions d’amis.

L’amitié hommes/femmes, un mythe ? 

C’est ce que se demande Frédéric Taddéi, faussement candide face à un Michel Houellebecq à l’entrain très caractéristique. Le romancier hexagonal, maintes fois accusé de racisme et de misogynie, rétorque au journaliste controversé avec un certain sens de la mesure. Ou pas. Mais certainement faut-il y voir une forme d’ironie, ou plutôt de sarcasme, sa littérature n’en manquant pas, de ses poèmes à ses romans. Ni ses interviews où provocations lunaires et réflexions désabusées s’amoncellent depuis plus de 20 ans. 

Il faut dire qu’un tel sujet n’a rien d’anodin. 

L’écriture de la masculinité est absolument centrale aux romans de Michel Houellebecq - solitude, dépression, célibat, misanthropie, tristesse existentielle, peur de l’autre, détestation infinie de soi - mais tout autant, celle de la féminité, jamais exempte d’un propos qui ne risque clairement pas de susciter l’enthousiasme des militantes féministes - au mieux auréolé d’une vision romantique et très traditionnelle de la femme aimante, aidante, vision que d’aucuns qualifieraient de réactionnaire, et dans la plupart des descriptions, vouée au mépris, ou hyper sexualisée. Poser une telle question au poète et chanteur, polémique à souhait, c’est l’interroger sur sa vision du genre humain et des relations. 

Ce à quoi donc, l’auteur sulfureux répond. 

Avec philosophie. Ou pas. 

Michel Houellebecq résout les doutes de Frédéric Taddéi, son intervieweur d’un jour, dans les pages du dernier numéro du magazine Marianne, en l’abreuvant de son point de vue sur l’amitié hommes/femmes : “C’est un peu contre nature…”, dit-il. 

Ajoutant : “C’est un peu contre-nature, mais ça existe”. L’auteur croit bien davantage à l’amour qui unit les hommes et leurs animaux de compagnie - il a dédié des poèmes à son propre chien, Clément, et a déjà fait partie du jury littéraire du Prix 30 millions d’amis. 

Plus encore, c’est l’amour d’un chien, et plus globalement, d’un animal, envers son maître, que le romancier chérit : "On peut s'attacher énormément à un animal domestique, et ça, c'est encore plus violent, quand il disparaît. On sait parfaitement que cela va arriver". A un Frédéric Taddéi caustique, il énonce encore, à demi rigolard (dans son genre) : “Cela étant, l’amitié entre les hommes, de manière globale, ça a plein d’inconvénients. Entre autres : les gens meurent. Supposons que l’on ait un ami, et bien, il peut mourir, ça arrive”. Une amitié à laquelle l’auteur semble croire davantage que celle qui pourrait unir femmes et hommes. 

La littérature de Michel Houellebecq est celle de la solitude masculine. L’attitude de ses personnages n’aidant pas, elle a souvent été associée à de la misogynie, une haine des femmes, ou plus encore, une pensée masculiniste, liant entre elles au gré de ses caractérisations, l’isolement des hommes, en manque ou en recherche de rapports sexuels et sentimentaux, et leur détestation de l’autre moitié de la population. Un propos sous-jacent très “Incel”, qui fait écho à ce que l’on observe aujourd’hui, en terme de haine en ligne. 

De nombreuses études s’attardent sur cette facette forcément dérangeante. 

Une tribune de Slate se dédie tout à fait à ce décryptage, comparant les pensées de ses protagonistes à celles de ces “célibataires involontaires”. La journaliste Margaux Derridon écrit : “Pour ces jeunes hommes, le libéralisme sexuel est une catastrophe en ce qu’il laisse les femmes libres de choisir leurs partenaires, ce qui ne peut que bénéficier aux «gagnants», par ailleurs souvent des «connards», au détriment des gentils qu’ils ont l’impression d’être. Le narrateur du tout premier roman de Michel Houellebecq partage la même certitude”. 

L’analyste ajoutant à propos de la caractérisation systématique des femmes dans les romans de l’auteur sulfureux : “Cette littérature où les femmes sont d’adorables victimes, sur les souffrances desquelles on évite toutefois de s’attarder, les états d’âmes des hommes qui les détruisent étant éminemment plus littéraires [...] m’attriste de plus en plus.”. 

Gageons que cela n’est pas prêt de changer, vu ses dernières déclarations.

Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
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