Mathilde Seigner pose une vraie question : pourquoi, alors que les cinéastes se plaisent à dénuder leurs actrices, ont-ils mal perçu sa scène de nu dans une célèbre comédie française ?
C’est en tout cas ce qui émane de la réception d’une fameuse séquence de Camping, à retrouver ci-dessous-, dont elle évoque enfin les conséquences. Rappelez-vous. Dans cette scène, la comédienne prend son mari en flagrant délit d’adultère (par textos) et décide de s’en séparer… Temporairement. Lui montrant ses fesses, elle lui décoche “Déjà que tu les voyais pas beaucoup, là tu verras plus du tout !”, assénant son assertion d’une claque sonore (sur lesdites fesses, est-il utile de le préciser).
Une scène pour le moins remarquée, pour son caractère… Extravagant. Surtout, elle pose un personnage : fort "en gueule", d'un caractère bien salé, femme indépendante qui est volontiers susceptible d'envoyer valdinguer n'importe quel mufle. Un moment cocasse... (à redécouvrir en bas de cet article)
Et justement : tout sauf sexualisant. C’est peut être là que le bas blesse pour certains réalisateurs qui, dénonce aujourd’hui Mathilde Seigner, n’y ont vu que la démonstration de la vulgarité de l’actrice. Elle est même plus précise que cela, dans son témoignage détaillé de ces images.
On l’écoute ?
Mathilde Seigner évoque les conséquences de ces images “gênantes” qui lui collent à la peau… Et ne devraient pas.
Dans une toute récente interview pour Mesdames, elle évoque effectivement l’image que les gens se font d’elle, et surtout, les gens de la profession, jamais à court de saillies sexistes, concernant cette scène de nudité qu'elle assume, non sans mal : “Parfois je regrette d’avoir fait Camping. Et cette scène en particulier, où je montre mes fesses. On m’a souvent dit que je n’aurais pas dû le faire. Ca fait honte à certains réalisateurs qui trouvent ça vulgaire. Et ça fait honte à mon fils”
Un constat plutôt triste en vérité.
Une actrice qui dévoile ses fesses l’espace d’un gag, d’une scène comique, qui n’a pas pour but de susciter la sensualité ou d’éveiller le “male gaze”, ce regard masculin qui calque sa libido et ses fantasmes sur le corps des comédiennes/protagonistes féminines… Mal vu par la profession et un certain public masculin ? On aimerait être étonné, mais hélas, pas vraiment. Surtout, cette séquence impose l'éternel reproche macho : la vulgarité.
Les femmes considérées comme trop vulgaires, on connaît la chanson. Jim Carrey a à de nombreuses reprises durant sa carrière dévoilé son postérieur, mais Mathilde Seigner ne le pourrait pas : c'est "vulgaire", "vulgos", pas assez féminin, "honteux", ça fait frémir de gêne hommes de la profession et autres, qu'importe la génération... Mais pourquoi pas ? C'est un constat terrible au fond qu'on a guère de mal à déduire de cette prise de parole critique et bien sentie chez Mesdames, le sempiternel adage du "trop vulgaire" qui sincèrement, commence sérieusement à dater, mais hélas, fédère autant... Que Camping au box office.
Mathilde Seigner pour le reste, explique "s'en foutre" : et quelque chose nous dit qu'elle a bien raison. Pas vrai ?