« Tout ce qui n’intéressait pas Freud » : Philippe Presles explore les mystères de la conscience

« Tout ce qui n’intéressait pas Freud » : Philippe Presles explore les mystères de la conscience
« Tout ce qui n’intéressait pas Freud » : Philippe Presles explore les mystères de la conscience
Comment devient-on conscient de soi-même et à quel âge ? En quoi cette conscience permet-elle de prendre sa vie en main ? Cela fait plus de 15 ans que Philippe Presles, médecin, économiste et éthicien travaille sur ces questions. Il vient de publier « Tout ce qui n’intéressait pas Freud » aux éditions Robert Laffont.
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Terrafemina : Pourquoi vous être intéressé au sujet de la conscience, vous qui êtes médecin de formation ?

Philippe Presles : Un jour, ma petite voix intérieure m’a sauvé la vie. J’étais en train de m’électrocuter quand je l’ai entendue m’expliquer ce qu’il fallait faire pour me sauver ! J’avais 21 ans et j’étais en 3ème année de médecine. Depuis le sujet m’a toujours passionné et ma formation médicale m’a permis de suivre tous les travaux scientifiques sur le sujet.

Tf : Quand prend-on réellement conscience de soi, de ce que l’on est ?

P.P. : Au début, on est conscient sans en être conscient… Par exemple, avec nos premiers souvenirs autobiographiques, aux alentours de 4-5 ans, le récit de notre vie commence. Nous naissons à la conscience. Mais ce sont certains événements, qui nous font prendre conscience de qui nous sommes, comme par exemple quand nous découvrons que nous sommes mortels, ou encore que nous pouvons être seuls dans certains cas. Ce sont aussi des événements heureux qui nous comblent de joie. Je me souviens ainsi que je désirais ardemment un livre sur les animaux, dont la couverture affichait un lion. J’avais 6 ans et quand je l’ai découvert dans mes cadeaux de Noël, j’ai compris que ce livre avait été acheté spécifiquement pour moi. Ce sont aussi tous les moments forts de la construction de notre identité.

Tf : En tant que parent, faut-il accompagner cette prise de conscience de son enfant ?

P.P. : Il faut la favoriser. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que pour faire leur saut de la conscience, aux alentours de 4-5 ans les enfants ont besoin tant d’un cerveau bien fait que d’un cerveau bien rempli. Le langage doit être bien acquis par exemple. Le piège aujourd’hui c’est surtout la télévision. Quand ils passent plus de 3 heures par jour devant le petit écran, les enfants peuvent retarder leur saut de la conscience de 1 à 2 ans. A l’échelle de leurs petites vies, c’est énorme. Il est aussi important de bien repérer les peurs de son enfant et en parler avec lui : peur du noir, peur de mourir, peur des cauchemars. On peut leur expliquer, comme le faisait Françoise Dolto, que l’on meurt un jour quand on a fini de vivre, pas avant. Ou leur dire que nous aussi on a eu peur du noir et qu’encore maintenant on n’aime pas cela. Une fois conscients, nos enfants sont lucides. Nous avons tendance à l’oublier…

Tf : Pour vous, la conscience de soi doit aider à prendre sa vie en main ?

P.P. : La conscience est un outil fantastique, qui s’impose à nous, mais dont nous n’avons pas le mode d’emploi. Nous ne savons pas instinctivement par exemple que c’est la constance dans nos actes qui construit notre identité. Nous ne savons pas davantage nous auto-observer ou encore bien utiliser notre volonté. Et nous ne connaissons pas mieux les pièges de la conscience comme de trop vouloir présumer la pensée des autres (mésusage de notre faculté consciente à deviner les pensées des autres, y compris leurs fausses croyances). Bien comprendre comment fonctionne notre conscience est un atout essentiel pour devenir ce qui nous plaît. Sur ce plan, mon livre constitue un véritable parcours personnel que j’espère partager avec mes lecteurs pour les aider dans le parcours de leur propre vie.

« Tout ce qui n’intéressait pas Freud, L’éveil à la conscience et à ses mystérieux pouvoirs » de Philippe Presles aux éditions Robert Laffont. Préface de David Servan-Schreiber.

Philippe Presles
est un médecin plus intéressé par l’homme que par les maladies. Economiste, éthicien, essayiste, sa vision humaniste l’a poussé à se spécialiser dans la prévention (« Prévenir », Robert Laffont, 2006), l’économie de la santé (diplôme du MBA du groupe HEC) et l’éthique de santé (université de Lille). Il a fondé et dirige l’institut Moncey. Il prépare chaque année pour Le Nouvel Observateur son supplément sur le classement des hôpitaux et cliniques.

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