Diane 35 : quatre décès liés à la pilule anti-acné

Diane 35 : quatre décès liés à la pilule anti-acné
Diane 35 : quatre décès liés à la pilule anti-acné
L'affaire des pilules de 3e et de 4e génération fait tache d'huile. Un rapport de l'Agence nationale du médicament (ANSM) a révélé dimanche que Diane 35, un médicament contre l'acné et utilisé comme contraceptif, était responsable de la mort de quatre femmes par thrombose veineuse depuis 1987.
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On peut à peine la classer parmi les pilules de deuxième génération, puisqu'elle n'est pas vraiment une « pilule ». Diane 35 est en effet autorisée depuis 1982 en tant que médicament anti-acné (non remboursé par la Sécurité sociale), mais largement prescrite pour ses vertus contraceptives. Après une enquête du Journal du Dimanche parue début janvier, qui interrogeait ce statut particulier et qui soulignait la dangerosité de cette pilule, lefigaro.fr faisait état dimanche de 7 décès liés à la prise de ce traitement depuis 1987, en s'appuyant sur un rapport de l'ANSM.

Diane 35 sous surveillance

D'après ce rapport, il y aurait eu « quatre décès imputables à une thrombose veineuse liée à Diane 35 », pour les trois autres cas mentionnés par le Figaro, la cause du décès serait « liée à des pathologies sous-jacentes des patientes concernées », a expliqué l'ANSM. La pilule Diane 35 vient donc de s'ajouter à la liste des médicaments sous surveillance et fait l'objet d'une enquête de l'agence nationale du médicament. Un rapport complet sur le sujet devrait être rendu la semaine prochaine.

Plus dangereuse que les pilules de 3e génération

Et pour cause, l'ANSM mentionne 125 autres cas de thromboses chez des patientes sous Diane 35 ou l'un de ses génériques, signalés par les médecins via le processus de pharmacovigilance depuis 1987. Selon les statistiques de la Haute Autorité de Santé (HAS), le risque thromboembolique pourrait être trois fois supérieur aux risques liés aux pilule de 3e et de 4e génération. Ainsi, une patiente a 1.91 fois plus de risque thromboembolique veineux avec l'utilisation d'une pilule de 2e génération que sans contraception orale, 6.68 fois avec Diane, 5.58 avec Mercilon (3e génération), mais 7.9 avec Jasmine. (Source : Le Monde)

Diane 35 fait partie des pilules visées par les plaintes déposées au mois de janvier au tribunal de Bobigny. Selon maître Jean-Christophe Coubris, interviewé par le Parisien ce dimanche, quatorze plaintes auraient été déposées « concernant des pilules 3G ou 4G » parmi lesquelles Yaz, Jasmine, Desobel 30, Moneva, Carlin 20, Desogestrel 20, Harmonet, varnoline, Melodia, Mercilon, gestodene 30, Jasminelle, et Diane 35. L'avocat a annoncé par ailleurs le dépôt de centaines de nouvelles plaintes contre les laboratoires et contre l'ANSM.

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