Cigarette électronique : Bruxelles veut la classer dans la catégorie des médicaments

Cigarette électronique : Bruxelles veut la classer dans la catégorie des médicaments
Cigarette électronique : Bruxelles veut la classer dans la catégorie des médicaments
Réglementer l'usage de la e-cigarette ? Bruxelles y songe sérieusement. Tandis que l'Europe compte 7 millions de vapoteurs, les eurodéputés devraient prochainement se prononcer sur le statut et l'usage de la cigarette électronique, en la classant dans la catégorie des médicaments. Une mesure qui n'est pas forcément du goût des professionnels de santé.
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Alors que des dizaines de marques de cigarettes électroniques ont été épinglées, le 26 août dernier, par le mensuel 60 millions de consommateurs pour étiquetage incomplet ou mensonger, le Parlement européen prévoit de réglementer l'usage et le statut de la e-cigarette, dans le cadre du projet de directive européen anti-tabac.

La e-cigarette uniquement vendue dans les officines ?

Dans les prochaines semaines, les eurodéputés devront donc se prononcer pour classer, ou non, la cigarette électronique dans la catégorie des médicaments. Une mauvaise nouvelle pour les 1,5 millions de Français adeptes de la vapoteuse, puisque cette mesure, si elle est adoptée, devrait réduire considérablement son commerce et son utilisation, et ce dans l'ensemble des États membres de l'Union européenne.

Celle-ci ne sera en effet alors plus que commercialisée dans les pharmacies, et seulement après avoir été soumise à deux nombreuses analyses. Son prix risque aussi d'augmenter sensiblement du fait des taxes. Enfin, les fameux « parfums » proposés par les marques de cigarettes électroniques ne pourront plus être vendus sans avoir reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM).

Un frein dans la lutte anti-tabac

Autant de mesures qui risquent, selon les lobbyistes, mais aussi certaines associations anti-tabac, d'inciter les vapoteurs à acheter de nouveau des paquets de cigarettes. Interrogé sur France Info, le président d'Alliance contre le tabac, Yves Bur, met en garde : « Si la vente est limitée aux pharmacies, ce sera un frein au développement de ce moyen de se passer des cigarettes ordinaires. » Un avis que partage Jacques le Houzec, conseiller en santé publique : « Cela fait plusieurs dizaines d'années qu'on essaye de réduire le tabagisme. On a vraiment besoin de cette alternative parce que c'est une vraie révolution. »

Rien n'est pourtant encore joué à Bruxelles, le Parlement européen étant devenu le terrain d'affrontement entre les lobbyistes des laboratoires pharmaceutiques, qui souhaitent voire la e-cigarette étiquetée comme médicament, et les associations de vapoteurs, qui s'y opposent farouchement. D'ailleurs, signe que la réglementation de la cigarette électronique est une épineuse de santé publique, l'examen du texte de loi, initialement prévu le 8 septembre, a été repoussé au 8 octobre prochain. Le temps, pour les eurodéputés, de peser les arguments des vapoteurs et des laboratoires pharmaceutiques.

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