Twitter, Pierre Ménès, Ce soir ou jamais : le sexisme ordinaire, c'est toute l'année

Twitter, Pierre Ménès, Ce soir ou jamais : le sexisme ordinaire, c'est toute l'année
Twitter, Pierre Ménès, Ce soir ou jamais : le sexisme ordinaire, c'est toute l'année
Au lendemain de la journée internationale des Droits des femmes, mauvaise nouvelle, les machos sont toujours aussi actifs. Et cette semaine le machomètre peut s'enorgueillir d'avoir épinglé quelques beaux spécimens.
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#SiJetaisLeSexeOpposePendantUneJournée et son florilège de clichés

La journée de la femme est passée, les machos sont restés… Comme toute l’année, le 8 mars a eu son florilège de remarques sexistes, à croire que sinon, ça n’aurait pas été aussi drôle… Sur Twitter, les machos s’en sont donnés à cœur joie, notamment grâce au hashtag #SiJetaisLeSexeOpposePendantUneJournée. Ces messieurs ont rivalisé d’humour (oui, c’était bien de l’humour) en tentant de se mettre dans la peau d’une femme. Et difficile de passer à côté des clichés affligeant qui font tant rire les machos de tout ordre : « #SiJetaisLeSexeOpposePendantUneJournée, j'essayerai de faire un créneau. Juste pour voir si c'est une légende ou non », pouvait-on lire par exemple. Ou encore : « j'ferais une séance d’UV et pose faux ongles, je prendrais mon sac Vuitton et j’irai dans une chicha » et « je ferais la vaisselle pour voir comment ça fait ». Oui, les clichés ont la vie dure, et les machos ne s’en lassent pas. Heureusement, certaines étaient là pour venger leurs consoeurs, comme cette Twittos, souhaitant ardemment que « les mecs (aient) leurs règles ce jour-là pour voir ce qu'on endure ». Il ne fallait pas commencer…

Et la palme du journaliste sportif machiste revient à … Pierre Ménès

« Le foot, c’est quand même un sport de mecs [...] et pour voir une gonzesse dunker au basket, il faut se lever tôt.» C’est par ces propos d’une finesse remarquable que Pierre Ménès, figure du journalisme sportif que l’on ne présente pourtant plus, évoque le sport féminin. C’est dans le journal l’Equipe que M. Ménès a partagé sa vision si intéressante, et pour le moins tranchée, sur ce sujet. « Il y a vingt-cinq ans, j’ai suivi deux finales, raconte-t-il. Ce n’était pas risible mais pas loin… T’avais des grosses dondons qui étaient certainement trop moches pour aller en boîte le samedi soir ». Classe. Et comme les machos aiment en rajouter là où il y en a déjà trop, il s’empresse de poursuivre : « Aujourd’hui, ça n’a absolument rien à voir : elles ont progressé tactiquement, physiquement, au niveau du volume de jeu et en plus maintenant ce sont des filles ! Mais… par rapport à une équipe masculine, ça vaut que dalle. (…) C’est comme le basket féminin, je veux bien que ce soit attractif mais pour avoir une gonzesse dunker, faut se lever de bonne heure … ». L’équipe de basket féminin française portée par Céline Dumerc et finaliste aux JO 2012 saura apprécier…

« Ce soir ou jamais » : du déni de réalité chez les machos

« Est-il dangereux d’être une femme en 2013 ? ». Tel était le thème de la dernière émission « Ce soir ou jamais » de Frédéric Taddéï. Ce dernier démarre d’ailleurs en rappelant qu’« une femme sur trois dans le monde est violée » au cours de sa vie. Un chiffre marquant parmi tant d’autres, qui pourtant semble laisser de marbre le philosophe et juriste belge Drieu Godefridi. Ce dernier n’hésite en effet pas à lâcher sur le plateau que s’il y a effectivement encore 145 femmes par an aujourd’hui encore en France qui meurent sous les coups de leur conjoint, la « thèse du patriarcat subsistant en Europe occidentale ne tient pas la route ». On croyait avoir eu notre dose de déni des violences faites aux femmes ? C’était sans compter sur un autre invité du plateau, l’avocat Thierry Lévy, qui enchaîne en qualifiant les chiffres avancés par les défenseurs des droits des femmes comme « fabuleux et complètement fantaisistes », dénonçant la « dérive victimaire » du féminisme d’aujourd’hui. Ce, avant de s’adresser à la représentante des Femen invitée dans l’émission en la qualifiant de « Blanche-Neige venue de l’Est » et en s’extasiant de la voir « belle et rebelle » : « c’est mieux que moche et remoche ». On croit rêver devant tant de mépris et de sexisme primaire. Ce soir ou jamais ? Avec ces messieurs, on a envie de dire « jamais ».


Erratum du 20/03 :
Contrairement à ce qui était écrit dans l’article du 15 mars, M. Drieu Godefridi n’a jamais tenu les propos suivants : « les violences faites aux femmes ne sont pas aussi nombreuses qu'on le dit » lors de l’émission Ce soir ou jamais (France2, 8 mars). La rédaction de Terrafemina.com le prie de bien vouloir l’excuser pour cette confusion.

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