Rapport Amnesty : où en sont les droits de l'Homme dans le monde ?

Rapport Amnesty : où en sont les droits de l'Homme dans le monde ?
Rapport Amnesty : où en sont les droits de l'Homme dans le monde ?
Amnesty International a lancé un appel aux Nations Unies, leur demandant de créer un traité fort pour éviter l'utilisation des armes comme instrument de répression contre les peuples. Dans son rapport annuel sur les droits humains, l'ONG a signalé qu'au moins 91 pays ont limité la liberté d'expression en 2011, et 101 ont pratiqué la torture sur des protestataires.
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Amnesty International
a publié son rapport annuel sur les droits humains, alertant sur la répression subie par les peuples en 2011, et pointant une déficience au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, qui serait « de plus en plus inadapté » pour résoudre les crises et éviter que les peuples « soient massacrés ». L'organisme a aussi rappelé qu’au moins 91 pays ont vu leur liberté d’expression limitée, tandis que dans 101 pays la torture sur les protestataires est devenue une pratique commune.

Par ailleurs, la conférence des Nations Unies pour établir une réglementation sur le commerce des armes conventionnelles, qui aura lieu à New York en juillet prochain, réunira 150 pays et une centaine d’ONG, et constitue une opportunité de mettre en valeur les chiffres dont Amnesty International parle dans son rapport. D’après ce dernier, près de 500 000 personnes meurent chaque année à cause de la violence armée, et plusieurs millions sont victimes de viols commis sous la menace d'une arme, ou de la brutalité de la répression armée. En effet, la dernière conférence internationale sur le contrôle du commerce des armes conventionnelles remonte à 1925.

À ce propos, l’ONG pointe du doigt les membres permanents du Conseil de sécurité, dont la France. À ses côtés, les États-Unis, la Russie, la Chine et le Royaume Uni représentent 80% des exportations d'armements dans le monde. Ces données sont à l’origine des critiques d’Amnesty International envers le Conseil de sécurité de l’ONU,  lui reprochant son « incapacité à mettre fin aux violences en Syrie » qui ont fait plus de 12 000 morts depuis le début en mars 2011 d'une révolte populaire sans précédent.

Étouffer la contestation

Par ailleurs, l’ONG accuse la Russie, fournisseur d’armes de la Syrie, ainsi que la Chine d’avoir permis ce massacre à travers le blocage de plusieurs résolutions de l’ONU, qui visaient à condamner la répression du régime de Bachar-al-Assad. En effet, ces deux alliés de la Syrie sont pointés du doigt par l’ONG dans ce rapport, qui signale l'utilisation par la Chine de son « arsenal » sécuritaire pour « étouffer la contestation », et qui alerte aussi sur une situation dramatique des droits de l'Homme en Corée du Nord. À propos des manifestations en Russie, l'ONG assure que les opposants sont quotidiennement « brutalisés et dénigrés de manière systématique ».

À cette dernière récapitulation des viols des droits de l’Homme s'ajoute la demande de création d’un « traité fort » afin d’éviter l'exportation des armes vers des nations dites « à risque », et mettre aussi fin à leur utilisation comme instrument de répression des peuples. L’ONG prend la Cours pénale internationale (CPI) comme exemple, et ajoute que même si son statut n’a pas été ratifié par tous les membres de l’ONU, « cela ne l’empêche pas de fonctionner avec plusieurs affaires en cours », a expliqué Aymeric Elluin, responsable de la campagne Armes et Impunités d'Amnesty.

Alexandra Gil

(Sources : AFP et tf1.fr)
Crédit photo : AFP

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