Espagne : la polémique autour de l'avortement s'amplifie

Espagne : la polémique autour de l'avortement s'amplifie
Espagne : la polémique autour de l'avortement s'amplifie
L’Espagne est-elle sur le point d'effectuer un retour en arrière sur la question de l'avortement ? Dimanche, le ministre de la Justice Alberto Ruiz-Gallardon a fait part de son incompréhension à « priver un fœtus de la vie ».
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Cette proposition provoque un véritable tollé en Espagne. Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy envisage d'interdire l’avortement dans les cas de malformation, modifiant par la même occasion une loi votée en 2010. Sans surprise, le projet a déclenché la colère des pro-avortements et des associations féministes qui, dimanche, sont descendus dans les rues de Madrid.

En effet, à l'initiative d'un collectif d'associations pour le droit des femmes, ce ne sont pas moins d’une centaine de personnes qui ont pris part à la manifestation pour protester contre cette mesure. « Cela nous semble être un retour à la dictature de Franco et nous ne voulons accepter sous aucun prétexte des mesures qui nous priveraient de nos droits », a déclaré Justa Montero, membre de l'Assemblée féministe, l'un des groupes organisateurs du rassemblement.

Et pour cause, la loi actuelle, votée sous le gouvernement socialiste, autorise les femmes à avorter jusqu'à 14 semaines. L'interruption volontaire de grossesse est par ailleurs permise jusqu'à 22 semaines, si un « risque pour la vie et la santé » de la mère ou de « graves malformations du fœtus » sont avérés.

Mais dimanche, le ministre de la Justice, Alberto Ruiz-Gallardon, a confié lors d’un entretien au quotidien de droite La Razon, ne pas comprendre « que l'on prive un fœtus de la vie en permettant l'avortement, pour le simple fait qu'il souffre de handicap ou de malformation ». Une loi doit être soumise aux députés à la rentrée.

Selon un sondage publié dimanche par le quotidien El Pais, 81 % des Espagnols seraient contre l'interdiction de l'avortement dans le cas de malformation du fœtus. Par ailleurs, si l’on en croit ce même sondage, le projet de réforme serait rejeté par 65 % des personnes ayant  voté pour le Parti populaire (PP, conservateur) à l'élection générale de l'an dernier ; et par 64 % de celles se revendiquant comme des catholiques pratiquants.

Crédit photo : AFP/DOMINIQUE FAGET

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