65,1% des brésiliens pensent que les femmes “provocantes” “méritent” d’être violées

65,1% des brésiliens pensent que les femmes “provocantes” “méritent” d’être violées
65,1% des brésiliens pensent que les femmes “provocantes” “méritent” d’être violées
65,1% des 3.810 brésiliens interrogés par un institut de sondage gouvernemental (IPEA) estiment que « les femmes portant des vêtements qui laissent voir leur corps méritent d'être violées », rapportait l’AFP samedi 29 mars. Les résultats de ce sondage inquiétant ont provoqué une avalanche de réactions à travers le monde, à commencer par la présidente du Brésil, Dilma Roussef.
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Dans la même lignée, relève le Huffington Post, 58,5% des sondés considèrent que « si les femmes se comportaient mieux, il y aurait moins de viols ». Un constat inquiétant, qui dénote de la persistance de nombreux clichés et préjugés au sein de la société brésilienne - alors même que pays a plus généralement l’image de faire l’éloge du corps, ce que souligne la journaliste-militante Nana Queiroz, citée par le site BFMTV: « Le plus surprenant est qu'il est permis de se dévêtir pendant le carnaval mais pas dans la vie réelle », s’indigne-t-elle.

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Dilma Roussef: « Tolérance zéro pour la violence faite aux femmes »

Une des premières à réagir a été la présidente du Brésil Dilma Roussef. Dans un premier tweet, la présidente explique que « L’étude de IPEA montre que la société brésilienne a encore beaucoup de chemin à parcourir pour combattre la violence faite aux femmes ». Et d’ajouter: « Ce résultat réduit à néant les lois et les politiques publiques de lutte contre la violence faite aux femmes » […] « Cela montre aussi que le gouvernement et la société doivent travailler la main dans la main pour s’attaquer à la violence faite aux femmes, à la maison et à l’extérieur de la maison ». Et d’enfoncer le clou: « Tolérance zéro pour la violence faite aux femmes ».

Sur le réseau social, de nombreuses photos de femmes (et d’hommes) en petite tenue arborant le slogan « Je ne mérite pas d'être violée » (Eu não mereço ser estuprada) ont été publiées depuis vendredi, date de diffusion de l’étude au Brésil. Le hashtag correspondant, #NãoMereçoSerEstuprada, est rapidement devenu l’un des plus importants « trending topics » sur twitter. L'occasion de répéter à toutes fins utiles que la faute, c'est celle de l'agresseur qui a commis ces actes, et non la tenue de la victime...

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