Anna Rosso-Roig, une ancienne du Front de gauche au FN

Anna Rosso-Roig, une ancienne du Front de gauche au FN
Anna Rosso-Roig, une ancienne du Front de gauche au FN
Du Front de gauche au FN, il n'y a qu’un pas pour Anna Rosso-Roig : l'ancienne candidate Front de gauche aux dernières élections législatives dans les IXe et Xe arrondissements de Marseille a rejoint l'extrême droite et postulera aux municipales sous les couleurs du Front National. Un grand écart qui ne semble pas gêner la candidate.
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Le FN s’en frotte les mains, le Front de gauche est révolté et a du mal à avaler la pilule. Anna Rosso-Roig, ancienne candidate Front de gauche aux dernières élections législatives dans les IXe et Xe arrondissements de Marseille, a annoncé qu’elle avait décidé de rejoindre le Front National pour être candidate à l'élection municipale de Marseille en 2014. Un grand écart qui sidère le FDG et a suscité la colère de Jean-Luc Mélenchon : « Le FN fédère mieux les girouettes et les perchés que moi, je n’en suis pas jaloux. Dans ce cas précis, il fonctionne comme un vide-ordure », a-t-il violemment commenté. À Marseille, on se dit « scandalisé » : « Les communistes sont profondément scandalisés par le choix d'Anna Rosso-Roig de rejoindre les rangs du FN. L'incompatibilité est totale entre nos valeurs et ce que porte l'extrême droite xénophobe et ultra-conservatrice face à laquelle nous menons un combat sans concession », a ainsi déclaré dans un communiqué le secrétaire départemental du PCF, Pierre Dharréville. « Aujourd'hui, Anna Rosso-Roig renie le combat qu'elle a mené à nos côtés. Nous avions cru à la sincérité de son engagement », ajoute-t-il, précisant qu’elle « n’en est pas à son coup d’essai, ce qui donne peu de crédit à sa démarche politique. En effet, elle aurait été successivement membre du RPR, du PS et du PCF. C’est manifestement la recherche obsessionnelle d’une position électorale qui est au cœur de sa démarche », assène-t-il. 

«Préoccupée par la montée de l’islamisme »

De son côté, la principale intéressée l’assure, cette décision ne s’est pas prise sur un coup de tête. Se disant « préoccupée par la montée de l'islamisme en tant que catholique pratiquante », elle a finalement jugé que le Front de gauche ne défendait pas les valeurs traditionnelles et religieuses et a été « horripilée » par « ce qui se passe autour du mariage pour tous ». Son choix aurait finalement été motivé par « un ensemble » de choses, et notamment un « événement personnel dramatique ». « C'est l'étincelle finale qui m'a fait changer d'avis. Je me suis dit (...) : "la réalité n'est pas ce que me raconte le Front de gauche" », déclare-t-elle. Et à ceux qui l’accusent d’opportunisme, elle rétorque : « Ça a été un ensemble. Ce n'est pas par opportunisme. Je ne vis pas de la politique et je ne compte pas en vivre ». Elle confie d’ailleurs avoir été tentée par le Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin, qu’elle a finalement jugé trop « rétrograde ».

« Elle s'était trompée de Front »

L’habitante de Mazargues, assistante juridique après avoir effectué des études de droit, dit par ailleurs avoir été séduite par un discours du secrétaire général du Front National Steeve Briois en novembre à Marseille. « J’ai longuement étudié ce parti. Je n’y ai pas rencontré de racistes, de durs, mais plutôt une ambiance familiale. Être au FN ne m’empêche pas de rester engagée dans la vie sociale », assure-t-elle. Anna Rosso-Roig avait réuni 7% des voix au premier tour en 2012, et avait au second soutenu le candidat EELV-PS Pierre Sémériva dans une triangulaire dont était sorti vainqueur l’UMP Guy Teissier. En mars prochain, ce sera donc sous les couleurs du « Rassemblement bleu Marine », qu’elle sera deuxième de liste dans un secteur municipal encore à déterminer. De son côté, le Front National se frotte les mains de cette recrue de choix pour les municipales. « Elle s'était trompée de Front », s’amuse Stéphane Ravier, la tête de liste FN pour 2014. Et d’expliquer plus sérieusement : « Nous accueillons tous ceux qui veulent nous rejoindre mais il est clair que cet électorat ne vient pas tout seul, il faut aller le chercher. Son arrivée correspond aussi au glissement de beaucoup d'électeurs communistes ».

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