Voilà à quoi ressemble une semaine de harcèlement sur Twitter

Voilà à quoi ressemble une semaine de harcèlement sur Twitter
Voilà à quoi ressemble une semaine de harcèlement sur Twitter
Depuis 2012, Anita Sarkeesian analyse la représentation des femmes dans les jeux vidéo et publie le résultat de ses recherches sur YouTube. Par son travail, la jeune féministe est devenue, en quelques mois, la cible de nombreux commentaires sexistes et de menaces de viol... que l'intéressée s'est amusée à compiler.
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Internet est capable du meilleur comme du pire. La vidéo-blogueuse Anita Sarkeesian en a fait l'amère expérience en l'espace de quelques mois. Spécialiste de la représentation des femmes dans la culture populaire, cette diplômée de sociologie a subi les insultes incessantes d'internautes après la publication de ses travaux sur les jeux vidéo.

Tout avait pourtant bien commencé pour l'Américano-canadienne. Pour analyser les rapports entre jeux vidéo et féminité, la jeune femme voulait faire financer son projet à hauteur de 6000 dollars sur la plateforme de crowdfunding Kickstarter. L'appel aux dons a dépassé ses espérances en atteignant 160 000 dollars, récoltés auprès de 6 968 donateurs. Anita Sarkeesian a alors entrepris d'acheter 300 jeux vidéos et s'est donnée pour objectif de publier chaque mois une vidéo sur YouTube, comme celle-ci intitulée « Les femmes comme décoration d'arrière-plan » et publiée en août 2014.


Menaces de viol et incitation au suicide

Les travaux d'Anita Sarkeesian, soulignant régulièrement la misogynie ambiante que l'on peut parfois croiser dans l’univers des « gamers », a provoqué de nombreuses réactions de haine à son égard. Insultes, menaces de viol ou de mort, incitations au suicide... La YouTubeuse a subi le pire du web à deux reprises, en 2012 et 2014. Parmi ces agressions verbales, beaucoup de tweets mais également des détournements de son émission, des mèmes et montages moqueurs la tournant en ridicule.

Tweets 1

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photoshop

meme


Face à ce cyberharcèlement, Anita Sarkeesian a décidé de publier sur son blog « Feminist Frequency » quelques morceaux choisis des messages qui lui sont adressés. Le résultat : un condensé effrayant de misogynie, dont le point d'orgue sera la publication d'un jeu vidéo incitant à frapper la jeune femme, et surtout les menaces de mort proférées par un internaute bien décidé à divulguer son adresse sur Twitter.

jeu vidéo


Anita Sarkeesian devenue icône du jeu vidéo

La campagne de harcèlement dont a été victime Anita Sarkeesian est loin d'être un cas isolé. Depuis plusieurs mois, d'autres femmes, plus ou moins proches du monde du gaming, ont également été prises à partie sur les réseaux sociaux. Comme Zoe Quinn, dont l'histoire avec un journaliste spécialisé dans les jeux vidéo, lui a valu de devenir la cible d'une campagne de de slut-shaming. « Certains gamers utilisent alors le hashtag #GamerGate pour dénoncer le copinage entre développeurs et journalistes », rappelle les Inrocks. Ou encore Jenn Frank, contrainte de mettre un terme à son activité de critique de jeux vidéo.

Loin de se laisser abattre par ces menaces, Anita Sarkeesian peut compter sur de nombreux soutiens, à commencer par la communauté des joueurs eux-mêmes. Les concepteurs d'un jeu de combat en arène baptisé Towerfall ont, en effet, voulu s'associer aux recherches de la sociologue en créant un personnage à son image. « Dans une extension du jeu, disponible depuis le début de l'année, les joueurs peuvent désormais incarner dix nouveaux archers. Parmi eux, une nouvelle archère bleue, directement inspirée par Sarkeesian », précise le site Arrêt Sur Images qui cite l'un des principaux développeurs du jeu. « Le travail d’Anita a été une inspiration pour l’équipe de TowerFall. Sa série de vidéo intitulée 'Tropes vs Women in Games' nous a donné un nouveau prisme pour nous permettre de mieux évaluer le design de nos personnages ».

Zoe Quinn semble elle moins chanceuse. Après sa mauvaise expérience, l'Américaine avait créé, le 21 janvier dernier, Crash Override, un site anti-harcèlement à destination des jeunes femmes victimes de harcèlement en ligne. Un mois après son lancement, la plateforme ne semble pas décoller. Le compte Twitter du site reste inactif depuis le 23 janvier.

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