Université Paris-Dauphine : le profil Facebook comme outil de sélection

Université Paris-Dauphine : le profil Facebook comme outil de sélection
Université Paris-Dauphine : le profil Facebook comme outil de sélection
Un professeur de l'université Paris-Dauphine a demandé à ses étudiants de se présenter à leur oral d'admission en Master avec une copie de leur profil Facebook. Une « exposition de la vie privée » illégale, à la suite de laquelle les épreuves orales ont été annulées.
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Réputée ultra-sélective, l'université Paris-Dauphine a cette fois-ci formulé à ses étudiants une demande pour le moins surprenante. En guise d'examen oral pour une admission en Master de gestion, un professeur a en effet demandé à 59 étudiants de se présenter avec une copie imprimée de leur profil Facebook afin de mieux connaître leurs activités extrascolaires. Il a ainsi expliqué qu'il souhaitait que les élèves se dévoilent tels qu'ils étaient réellement, et qu'ils n'essayent pas de « se vendre » auprès de lui pour être sélectionnés.

Une pratique illégale

Si la demande formulée par le professeur à ses étudiants semblait partir d'une bonne intention, celle-ci est toutefois tout à fait illégale. En effet, la France a voté une charte qui demande aux recruteurs de « ne pas utiliser les moteurs de recherche ni les réseaux sociaux comme outils d'enquête. Si une personne rend publiques sur Facebook des informations telles que sa religion, son lieu de naissance ou encore sa situation matrimoniale, le point de vue du recruteur peut être biaisé ».
Dans l'attente de davantage d'éclaircissements, l'université de Paris-Dauphine a annulé les épreuves orales avant de présenter ses excuses par la voix de son directeur, Laurent Batsch. Interrogé par Le Figaro Étudiant, celui-ci a expliqué que la décision avait été prise unilatéralement par le professeur et que celle-ci n'était en aucun cas une norme de sélection à l'université. En effet, chacun des 90 Masters proposés est dirigé par un responsable différent.
Il a par ailleurs pris la défense du professeur, soulignant ses qualités pédagogiques : « Ça partait d'un bon sentiment [...] Le professeur voulait que les jeunes s'expriment sur leurs centres d'intérêts via les réseaux sociaux. Mais il a confondu espace public et espace privé [...] C'est là toute l'ambiguïté des réseaux sociaux. Cette initiative était une faute. Pour nous l'affaire est close », a-t-il indiqué au micro de France Inter.
Les étudiants, eux, restent partagés. Nombreux sont ceux qui ont été surpris, voire décontenancés par une telle requête. D'autres, en revanche, se sont montrés bien plus critiques à l'égard de la démarche du professeur, soulignant qu'il s'agissait d'une atteinte à leur vie privée.

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