"Je me suis cognée contre l'étagère" : des images choc pour briser le tabou des violences conjugales

Apporter un soutien psychologique aux femmes battues et les inciter à briser le silence en dénonçant leur bourreau : c'est le but de l'association Elle's Imagine'nt, qui vient de lancer une nouvelle campagne choc pour dénoncer les violences conjugales. Son nom ? "Nous vous aidons à trouver les mots".
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La photo d'un appartement. Clair, moderne, joliment décoré. A priori, rien ne choque, rien n'y est déplacé. Il faut souvent y regarder à deux fois pour finalement trouver un détail, aussi infime que glaçant : le poing ou la jambe d'un homme remplacent une poignée de porte, une étagère, un portemanteau. Avec, en guise de messages, les excuses généralement avancées par les victimes de violences conjugales pour justifier un bleu ou une égratignure : "C'est rien, je me suis cognée contre l'étagère", "Désolée, j'ai encore un empêchement" ou "Je me suis juste pris la poignée de porte".


Réalisée par l'agence Publicis Dialog pour l'association Elle's Imagine'nt , cette nouvelle campagne intitulée "Trouver les mots" a été photographiée par le Britannique Jason Hindley. Son but ? Accompagner les victimes de violences domestiques et les inciter à briser la loi du silence qui profite à leur bourreau. "C'est à elles que s'adresse cette campagne ou plutôt à toutes celles qui hésitent à nous contacter, explique Elle's Imagine'nt dans un communiqué. Les violences conjugales sont complexes et revêtent plusieurs formes : physiques, mais aussi psychologiques, sexuelles, économiques et administratives. Difficile de s'y retrouver, d'avoir les idées claires surtout quand l'homme en question est notre compagnon, celui que l'on a choisi et que l'on aime."

Libérer la parole des femmes battues

Car c'est bien de cela qu'il s'agit : rompre l'omerta qui règne souvent dans les couples où la violence est quotidienne, et inciter les femmes à parler. "L'homme violent va utiliser leur silence pour les isoler encore plus. Il faut donc casser ce cercle vicieux, et pour cela il n'y a qu'une seule chose : la parole", explique à Elle.fr la vice-présidente d'Elle's Imagine'nt Bérénice Sylvain.


"Les femmes victimes de violences conjugales peuvent craindre la réaction des personnes à qui elles se confient et ce côté un peu irrévocable : à partir du moment où l'on parle, ou ouvre la boîte de Pandore", considère Bérénice Sylvain. Elle invite pourtant les femmes à parler, étape obligatoire pour sortir du joug de leur compagnon violent et reconstruire leur vie.


En France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon.